I. Prat. du Th., t. I, L. III, p
II a de r " aversion pour celles de briiit, de l'indul- " gence pour celles de vue, de l'estime pour celles de ''présence et de discours (').
" Aux dépens du bon sens gardez de plaisanter : " Jamais de la nature il ne faut s'écarter.
" Et maintenant il ne faut pas " Quitter la nature d'un pas",
écrivait La Fontaine après les premiers succès de Molière (^). — Boileau répète ce qu'il a prescrit, quelques vers plus haut : " Que la nature donc soit votre " étude unique ". Le xvii^ siècle croyait, non sans motif, avoir atteint cet idéal ; et La Bruyère constatait avec bonheur que l'on était arrivé à "reprendre enfin " le simple et le naturel " {^\
Mais au siècle précédent, Vauquelin avait déjà versifié le même conseil. Il le délaie beaucoup plus que le sobre Boileau et va jusqu'à marquer ses préférences pour une farce "sans art", qui exprimerait la nature. II dit, en parlant du poète " docte imitateur " :
" Bref, que nature il sache imiter tellement
" Que la nature au vrai ne soit point autrement.
" Quelquefois une farce au vrai patelinée,
" Où par art on ne voit nulle rime ordonnée,
" Quelquefois une fable, un conte fait sans art,
" Tout plein de gausserie et tout vide de fard,
" Pour ce qu'au vrai les mœurs y sont représentées,
" Les personnes rendra beaucoup plus contentées
" Et les amusera plutôt cent mille fois
" Que des vers sans plaisir rangés dessous les lois,
" N'ayant sauce ni suc, ni rendant exprimée
" La nature en ses mœurs de chacun bien aimée.
" Nature est le patron sur qui se doit former
" Ce qu'on veut pour longtemps en ce monde animer (4). "
I. IIP Disc. Sur les unités. — 2. Lettre à M. de Maucroix. Relation de la fête de Vaux. — 3. Caract. ch. I. — 4. L. III.
Il y a longtemps, qu'en France, les maîtres de l'art vont conseillant l'étude de la nature. Vauquelin le fît au siècle de Ronsard et Boileau le fit au milieu du grand siècle.
" Contemplez de quel air un père dans Térence
" Vient d'un fils amoureux gourmander l'imprudence.
Pourquoi Boileau prend-il chez Térence un modèle, un ** patron " de scène comique? Une fois de plus, Boileau répond aux idées qui avaient cours autour de lui. Térence était alors le comique ancien par excellence ; Plaute n'était guère qu'un bouffon et Aristophane un plaisant de bas étage. La Motte écrit un peu plus tard : " On ne doit point donner Aristophane comme le '* modèle de la Comédie, mais seulement comme une " preuve historique de l'état encore informe où elle " était chez les Grecs ('). "
Mais Térence plaisait, à cause de son " beau ton "; il "sentait son gentilhomme". Aussi les éloges des gens de lettres pleuvaient sur Térence. Boileau avait Térence en fort haute opinion, comme on le voit par le Bolœana (xxviii) ; il faisait à Molière un grand honneur en le comparant à Térence :
" Celui qui sut vaincre Numance...
" Jadis sous le nom de Térence " Sut-il mieux badiner que toi " ?
La Bruyère, louant aussi Molière, ne parle même pas de Plaute, et entame le panégyrique de Térence par exclamations : " Quelle pureté ! quelle exactitude ! " quelle politesse! quelle élégance! quels caractères!... " Quels hommes on aurait pu faire de ces deux comi- " ques ! (') " La Fontaine, après la première représentation des Fâcheux, écrivait à Maucroix :