‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 30 sur 150 · I. Corresp. Ed. Laverdet, p · texte numérisé non relu

I. Corresp. Ed. Laverdet, p

" rèo-les de la construction, il faudrait dire : Au vesti- " bule obscur il marque une autre place que celle qu'on " lui veut donner, et approuve l'escalier tourné d'une " autre manière qu'il n'est. Mais cela se sous-entend " sans peine : et où en serait un poète, si on ne lui " passait, je ne dis pas une fois, mais vingt fois dans " un ouvrage ces stibaudi f Où en serait M. Racine, " si on luiallait chicaner ce beau vers, que dit Hermione " à Pyrrhus, dans \ AndroniacpLe :

" [e f aimais inconstant ; qiieiissé-je fait fidèle ?

" qui dit si bien, et avec une vitesse heureuse : Je " t'aimais lorsque tu étais inconstant ;qu'eussé-je fait (') " si tu avais été fidèle ?

" Ces sortes de petites licences de construction, non " seulement ne sont pas des fautes, mais sont même " assez souvent un des plus grands charmes de la ' poésie ; principalement dans la narration, où il n'y " a point de temps à perdre. Ce sont des espèces de " latinismes dans la poésie française, qui n'ont pas " moins d'agréments que les héllénismes dans la poésie " latine (').

Voilà bien un modèle de défense et de critique. Boileau n'introduisait en ses vers " faits de génie " un mot, une tournure, une licence, qu'à bon escient. Brossettefut désolé ; il se répandit en excuses et demanda pardon. Boileau à son tour se crut obligé de consoler son admirateur, A cet effet, il lui envoya une énigme, par lui composée à l'âge de dix-sept ans ; et il assura son cher Brossette que l'on avait bu,' dans Auteuil,

1. M. Gidel fait observer que Racine av^ait écrit " atirais-je " et non pas " eussé-je ". Boileau citait sans doute de mémoire. ("V. Œuv .de Boil, Ed. Gidel, t. IV, p. 485.)

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