I. Sab. de Castr., Les Trois Siècles de Litt
z. V. Hist. de l'Acad.fr.y éd. Livet, t. II, p. 325.
" Quand d'un crime parfois il exprime l'horreur,
" La fureur poétique est sa moindre fureur.
" S'il faut peindre Bellone au milieu du carnage,
" Son Pégase bondit et sa Muse fait rage ;
" Il sait camper, résoudre, assaillir, effrayer,
" Et dans ses vers pompeux étaler tout Boyer.
" Mais s'il faut de vers doux embellir quelques scènes,
" On le saigne d'abord de trois ou quatre veines,
" Pour faire évaporer par ces canaux ouverts
" La grandeur du génie et la force des vers ('). "
Racine met cinq cent mille vers à la charge de Boyer. Boileau ne lui en adjuge que quatre-vingt mille ; mais il estimait que cette montagne de phrases rimées ne valait pas un des vers que lui, Boileau, avait composés sur les bancs du collège. En effet, au cours d'une de ces confidences dont il honora Brossette, le vieux Despréaux narra comme quoi, étant encore en seconde, il avait essayé une Tragédie. De cette tragédie il avait retenu un vers, sans doute le meilleur, et Brossette en prit note. " M. Despréaux, dit-il, m'a cité ce seul vers, " qui est fort bien tourné ; et il m'a dit que M. Boyer, " qui avait fait quatre-vingt mille vers, n'en avait pas " fait un qui valût celui-là (').
Furetière dit aussi son mot du pauvre Boyer :
" Quand les pièces représentées " De Boyer sont peu fréquentées, " Chagrin qu'il est d'y voir peu d'assistants, " Voici comme il tourne la chose :
" Vendredi, la pluie en est cause, " Et dimanche, c'est le beau temps. "
Qu'il y a loin de toutes ces médisances aux beaux jugements portés par Chapelain et consorts sur l'auteur At. Judith. L'auteur de la Pucelle écrivait, en 1662 : " Boyer est un poète de théâtre, qui ne cède qu'au