Dans cette Tragédie de La Mort de Pompée
" et ce sont sans contredit les vers les plus pompeux " que j'aie faits. La gloire nen est pas toute à moi : "j'ai traduit de Lucain tout ce que j'y ai trouvé de " propre à mon sujet. "
L'Évêque d'Avranches, auquel le grand Corneille avait déclaré ses préférences pour Lucain, les a comprises et interprétées comme nous le faisons : '* Le " grand Corneille, prince des poètes dramatiques " français, m'a avoué, non sans quelque peine et quelque " honte, qu'il préférait Lucain à Virgile. Mais cela est " plus excusable dans un poète de théâtre, qui cherchant " à plaire au peuple et s'étant fait un long usage de " tourner ses pensées de ce côté-là, y avait aussi formé " son goût, et n'était plus touché que de ce qui touche '' le plus \^v2dgairei^\ de ces sentiments héroïques, de " ces figures brillantes et de ces expressions rele- " vées(^). "
Corneille préférait Lucain, parce qu'il était " poète " de théâtre "; et comme " poète de théâtre ", Corneille ne jugeait point " sottemeiit ". Callières se souvint à propos, dans son Histoire poétique, des trois alexandrins décochés par Boileau contre Lucain et son admirateur le grand Corneille. Callières fait de Boileau un des chefs des Modernes, et imagine ainsi la rencontre du poète Épique et de " notre auteur " : " Lucain s'avança avec " une contenance fière vers l'un de ces deux chefs " (Despréaux), et lui adressant la parole : C'est donc " toi, téméraire mortel, lui dit-il, qui as osé railler le " plus grand Poète de ta nation (Corneille) (^), de ce " qu'il me préférait à Virgile, et du soin qu'il avait de