‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 69 sur 150 · Origines de Caen. Édit. de 1702, p · texte numérisé non relu

Origines de Caen. Édit. de 1702, p

3. Callières cite en note les trois vers qui nous occupent. " Tel excelle " à rimer etc.. "

l'art poétique. — ni. q

" profiter de mes belles pensées pour en enrichir ses " ouvrages !

" C'est donc toi, lui répliqua le poète moderne avec la " même fierté, qui as été assez présomptueux pour pré- " tendre que l'enflure de tes vers les devait égaler à la " solide grandeur des vers de \^irgile; qui as cru éblouir " la postérité par le faux brillant de quelques vers sen- " tencieux et de quelques maximes souvent peu justes " et mal placées! C'est donc toi, ajouta-t-il, qui as été '* assez lâche pour louer si excessivement Néron, l'abo- " minable Néron!...

" Alors Lucain, pensant intimider le poète moderne, '' fit avancer tous les horribles serpents d'Afrique, dont " il a fait la description dans sa Pharsale ('); mais le " poète moderne, comme un nouvel Hercule, défit en " un instant tous ces monstres imaginaires de Lucain, " par la seule comparaison qu'il en fit aux spectres qui " se présentent quelquefois à un homme malade d'une " frénésie ou d'une fièvre chaude, plutôt qu'à l'imagina- " tion d'un poète bien sensé. Lucain fit ensuite avancer " sa magicienne Erichto, avec toutes ses herbes hu- " mectées de l'écume de la lune qu'elle fait descendre " exprès, selon Lucain, et accompagnée de ses invo- " cations ennuyeuses {^), et de la longue description " que ce poète fait de tous les prodiges qu'il attribue " à Erichto. Ce récit fit bâiller le poète moderne. Il " la mit en fuite avec tout son attirail; et s'étant lassé " de défaire ce poème en détail, il attaqua toute l'or- " donnance de la Pharsale et fit sentir à Lucain, par " plusieurs traits lâchés du Troisième Chant de son ^r/ '^ Poétique , qu'il avait contrevenu aux principales " règles de \ Epopée, et qu'au lieu de faire un beau " Poème Épique, comme il l'avait prétendu, il n'avait

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