‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 95 sur 150 · Or.fun. du prince de Cotidé. — 2. V · texte numérisé non relu

Or.fun. du prince de Cotidé. — 2. V

l'âge de fer que l'on va lire ; il ressemble à l'âge de fer de la Satire susdite. Dans l'un, nous voyons le poète " vendre les paroles " ; dans l'autre, le noble " vendre " ses aïeux ". En 1675 ('), Boileau refit encore une histoire du même genre sur la bonne foi et la simplicité des vieux âges, que les siècles de fer ont corrompues. Ce n'est pas varié ; surtout ce n'est pas neuf.

" Mais enfin l'indigence amenant la bassesse, " Le Parnasse oublia sa première noblesse. " Un vil amour du gain infectant les esprits, "De mensonges grossiers souilla tous les écrits.

L'année suivante (nous venons de le noter), Boileau broda de nouveau une fable poétique sur cet antique canevas. De nouveau, il s'y plaignit des mensonges pullulant sur le Parnasse ; puis il rima le catalogue des œuvres où les habitués du Double-Mont mentaient plus effrontément :

" Le Parnasse surtout, 'fécond en imposteurs, " Diffama le papier par ses propos menteurs. " De là vint cet amas d'ouvrages mercenaires, " Stances, Odes, Sonnets, Épitres liminaires, " Où toujours le héros passe pour sans pareil, " Et, fût-il louche ou borgne, est réputé Soleil (^). "

Il est vrai que les dédicaces en prose et les placets versifiés foisonnaient alors avec une profusion de louanges prolixes et outrées. Le personnage auquel on o^ff^rait un livre était censé le premier homme du monde, en attendant celui à qui l'on offrirait le volume prochain.

Celui de nos auteurs classiques qui paraît avoir mieux compris la vanité et les mensonges des dédicaces, c'est Molière. Il disait au Roi, en lui dédiant

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