‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 127 sur 255 · Alaric, ou Rome vaincue, L. III · texte numérisé non relu

Alaric, ou Rome vaincue, L. III

" Il compte des plafonds les ronds et les ovales: " Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales.

Vers léonins. — Carel prétend justifier Scudéry d'avoir écrit cet alexandrin : " Peut-on désigner en '* moins de paroles la riche architecture d'un bâtiment ? " Ce sont les mots de l'art répliquera le censeur. Il est " vrai. Et que tirez-vous de là ? Y a-t-il rien qui enri- " chisse plus une langue que ces nobles termes (') ? "

D'abord ces nobles termes de l'art, ne sont point exactement ceux de Scudéry. Le vers de Scudéry est celui-ci :

" Ce ne sont que festons, ce ne sont que couronnes. "

Boileau remplace les coîironnes par les astragales ; est-ce pour la rime, ou par raillerie ? l'un et l'autre sans doute.

Peut-être la meilleure justification de Scudéry et de sa prolixité descriptive serait-elle la citation du passage visé par Boileau. Scudéry n'en finit pas ; cependant au milieu de cette interminable ^numération, il jette çà et là de jolis vers :

" Mais du grand bâtiment la façade royale " Efface tout le reste et n'a rien qui l'égale. " Elle charme les yeux, elle étonne l'esprit ; " Et fait même trembler la main qui la décrit. " L'ordre Corinthien règne par tout l'ouvrage ; " L'on voit ramper partout l'acanthe au beau feuillage, " Et partout on peut voir entre ces ornements " Des chapeaux de triomphe et des vases fumants. " Ce ne sont que festons, ce ne sont que couronnes, " Bases et chapiteaux, pilastres et colonnes, " Masques, petits amours, chiffres entrelacée, ** Et crânes de béliers à des cordons passés.

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