‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 128 sur 255 · I. Déf. des Beaux-Esprits, p. lo · texte numérisé non relu

I. Déf. des Beaux-Esprits, p. lo

" Les yeux trouvent partout moulures et corniches, " Et figures de bronze en de superbes niches, " Frises, balcons, hors-d'œuvre et cartouches encor, " Et cornes d'abondance à fruit, feuille et fleur d'or... " D'un marbre blanc et pur cent Nymphes bien rangées, " De grands paniers de fleurs sur leurs têtes chargées, " Où l'art et la nature ont mis leurs ornements, •' Semblent vouloir monter aux beaux appartements. " Leur main gauche soutient ces paniers magnifiques; " Leur droite tient les plis de leurs robes aritiques, " Et l'art a fait changer par ses nobles efforts " Les veines de ce marbre aux veines de leurs corps."

Voilà certes des vers qui coulent ; par malheur il en coule de la sorte quatre à cinq cents ; et cet inventaire comprend une bonne partie d'un Livre de l'épopée.

" Je saute vingt feuillets, pour en trouver la fin,

Carel se permet ici plusieurs jeux d'esprit, plus une prosopopée :

" Le Satirique qui est un grand sauteur, et qui tient " de ses camarades messieurs les Satyres, conclut par " cette bravoure :

"Je saute vingt feuillets pour en trouver la fin.

" Admirez la richesse de cette expression et la " science du personnage (').

Boileau exagère un peu, mais peu. Au lieu de vingt feuillets, c'est douze ou quinze qu'il faut sauter.

" Et je me sauve à peine au travers du jardin.

Nous ne voulons point que le lecteur se précipite sur les pas de Despréaux, sans avoir jeté un coup d'œil sur ce jardin :

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