ArtPoét., 1. I
La Fontaine a écrit un vers qui vaut le premier hexamètre de Boileau :
" Un auteur gâte tout, quand il veut trop bien faire ('). "
Fénelon exprime les mêmes avis à l'aide d'antithèses : " On veut trop de délicatesse; elle dégénère " en subtilité... On ne sait pas être sobre dans la " recherche du beau; on ignore l'art de s'arrêter tout " court, en-deçà des ornements ambitieux. Le mieux " auquel on aspire fait qu'on gâte le bien, dit un pro- " verbe italien (-).
Ronsard, auquel Boileau va bientôt reprocher son '• fas^e pédantesque ", avait pourtant bien compris, défini et blâmé les deux extrêmes, marqués dans le dernier vers de Despréaux. Il avait buriné ce vers magistral :
''■ Ni trop haut, ni trop bas; c'est le souverain style (3). "
Écoutons sa prose :
" La plus grande partie de ceux qui écrivent, de '' notre temps, se traînent énervés, à fleur de terre, " comme faibles chenilles...
" Les autres sont trop ampoulés et presque crevés " d'enflures comme hydropiques; lesquels pensent " n'avoir rien fait d'excellent, s'il n'est extravagant, " crevé et bouffi, plein de songes monstrueux et " paroles piaffées, qui ressemble plutôt à un jargon de
\.Fab.,\.V,î.\.