‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 131 sur 255 · ArtPoét., 1. I · texte numérisé non relu

ArtPoét., 1. I

La Fontaine a écrit un vers qui vaut le premier hexamètre de Boileau :

" Un auteur gâte tout, quand il veut trop bien faire ('). "

Fénelon exprime les mêmes avis à l'aide d'antithèses : " On veut trop de délicatesse; elle dégénère " en subtilité... On ne sait pas être sobre dans la " recherche du beau; on ignore l'art de s'arrêter tout " court, en-deçà des ornements ambitieux. Le mieux " auquel on aspire fait qu'on gâte le bien, dit un pro- " verbe italien (-).

Ronsard, auquel Boileau va bientôt reprocher son '• fas^e pédantesque ", avait pourtant bien compris, défini et blâmé les deux extrêmes, marqués dans le dernier vers de Despréaux. Il avait buriné ce vers magistral :

''■ Ni trop haut, ni trop bas; c'est le souverain style (3). "

Écoutons sa prose :

" La plus grande partie de ceux qui écrivent, de '' notre temps, se traînent énervés, à fleur de terre, " comme faibles chenilles...

" Les autres sont trop ampoulés et presque crevés " d'enflures comme hydropiques; lesquels pensent " n'avoir rien fait d'excellent, s'il n'est extravagant, " crevé et bouffi, plein de songes monstrueux et " paroles piaffées, qui ressemble plutôt à un jargon de

\.Fab.,\.V,î.\.

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