‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 132 sur 255 · Lettre à PAcad., ch. V · texte numérisé non relu

Lettre à PAcad., ch. V

3. " Je n'aime point ces vers qui rampent sur la terre, " Ni ces vers ampoulés dont le rude tonnerre " S'envole outre les airs; les uns font mal au cœur •' Des liseurs dégoûtés, les autres leur font peur. " Ni trop liant ni trop bas; c est le souverain style ; " Tel fut celui d'Homère et celui de Virgile. "

Ronsard (Fragment détaché. Édit. Blanchemain.)

" Gueux ou de Bohémiens, qu'aux paroles d'un citoyen " honnête et bien appris. Si tu veux démembrer leurs " carmes (carmina), tu n'en feras sortir que du vent, " non plus que d'une vessie de pourceau pleine de " pois, que les petits enfants crèvent, pour leur " servir de jouet. Les autres plus rusés tiennent le " milieu des deux, ni rmnpant trop bas, ni s élevant " trop haut, au travers des nues ('), " C'est le souverain style.

" Voulez-vous du public mériter les amours, " Sans cesse en écrivant variez vos discours.

" La diversité plaît " même " la bigarrure, " dit La Fontaine à propos de son Léopard et de son Singe. Un livre au style varié plaît; partant chacun le lit, " La variété, dit Ménage, est utile et louable en " toute sorte d'ouvrages; mais absolument nécessaire " en ceux qui ne se proposentpourbut que le plaisir (')." Or c'est le cas des ouvrages éclos sur le Parnasse. Ménage aurait pu ajouter que si la variété est requise auprès de tout public, elle devient de tout point indispensable, quand il s'agit du public et des lecteurs de France. L'abbé d'Aubignac, parlant de " l'humeur des Français ", recommandait la variété, pour un motif très fondé en expérience, et qui n'est point à négliger chez nous : " Les Français... s'ennuient " des plus belles choses, quand elles ne sont point variées {f). "

Preuve de notre bon goût.

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