Disc, sîir les Œuvres de M. Sarrasin, 1663, p
3. Pratique du Théâtre, éd. d'Amsterdam, t. I. L. III, p. 241.
" Un style trop égal et toujours uniforme
'* En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme.
" On lit peu ces auteurs nés pour nous ennuyer,
Desmarets n'entend pas les deux premiers vers, ou ne veut pas les entendre : " Que veut dire cela? Il " semble qu'il (Despréaux) devait plutôt dire : Il ne '^ faut pas qu'il notes e7tdornie.
" Mais le style de Virgile est uniforme, étant toujours "égal; et Horace dit qu'il faut qu'un poème aille " toujours d'une même force, comme un beau fleuve " qui coule toujours avec même force et pureté : " Vehemens et liquidus puroque simillimus amni ('). "
Desmarets prend uniforme dans le sens d'égal; mais ce mot a une autre signification, qui est : trop égal, ou monotone; et c'est en ce sens, très intelligible, que L'ennui naquit un jour de ^uniformité.
Desmarets répond au troisième vers de Boileau : " On lit peu, etc — " : " ...Celui qui plaît toujours par " ses diverses inventions, qu'il soutient avec une égale " force de diction, n'ennuie jamais (^).
A merveille; mais précisément, s'il n'ennuie point, c'est à cause de " ses diverses inventions ", en d'autres termes, à cause de sa variété. Lorsqu'il rédigeait ses remarques, Desmarets songeait, sans nul doute, à son Clovis, dont le tort est d'être uniforme, c'est-à-dire, continuellement égal.
Boileau n'aimait point les vers qui invitent au sommeil ou aux bâillements, précurseurs du sommeil. Peut-être en rimant son précepte sur le style " trop égal " se rappelait-il ceux qu'il fait dire à l'un des convives du Repas ridicule :