‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 137 sur 255 · I. Mot. hist. de l'Ed. de 1S20, t. I, p. xci · texte numérisé non relu

I. Mot. hist. de l'Ed. de 1S20, t. I, p. xci

Le bon La Fontaine, devenu l'un des quarante, plaisanta comme ses amis sur ce pays de... l'ennui. Il écrivait à M. de Bonrepaux, sur les occupations de

l'Académie :

..." Nous dormons, comme d'autres, " Aux ouvrages d'autrui, quelquefois même aux nôtres. "

C'est le comble (').

" Qui toujours, sur un ton, semblent psalmodier.

Le P. Rapin, parlant à Bussy-Rabutin de "l'unifor- " mité " du vers français, disait :" Notre langue va " toujours sur un même ton; ce que Despréaux appelle " psalinodie(^). " La lettre du P. Rapin est du 13 août 1672. Dès ce temps-là, Despréaux avait commencé à lire sa Poétique dans des cercles intimes. La citation du Père Rapin doit être un souvenir de ces lectures.

Boileau, en condamnant cette psalmodie des vers monotones, pense comme tout le monde, même comme Saint-Amant. Oui, ce poète qui charbonnait de ses vers les murs de la Pomme-de-Pin, était aussi l'ennemi du style " trop égal " ; il savait que nos alexandrins classiques, solennels et uniformes ont une forte tendance à la " psalmodie " ; il comprit et dit, comme nos romantiques les plus sages, qu'il est bon de varier ça et là les repos de nos douze longues syllabes: "Il faut, " c'est Saint- Amant qui parle, qiLelquefois rompre la " mesure, afin de la diversifier ; autrement cela cause " un certain ennui à l'oreille, qui ne peut provenir " que de la continuelle uniformité.

1. Il faut dire, à la décharge du docte corps que, vers 1684, les Immortels se répartissaient en deux catégories bien distinctes ; la première, la moins nombreuse, celle des génies ; et puis... la seconde.

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