Segrais, Œuvr. etc., t. II, p
Enfin, malgré ce déluge, le bon sens se remit à flot, comme Boileau s'en réjouira tout à l'heure. Les gens d'esprit firent bien vite expier au burlesque la faveur qu'il avait usurpée. On le traita par l'oubli ou par le mépris. En voici la définition très dédaigneuse, écrite par le sieur de Souvigny : " On fait entrer dans cette " nouvelle manière de vers... tout ce qu'on se peut " imaginer de badin et de niais pour les pensées avec " l'emploi de tous les proverbes ou quolibets des " Halles, et de quantité de mots anciens ou étrangers. " Tant s'en faut que cela aille de pair avec le vrai style " comique ou satirique, qu'au contraire plusieurs " hommes fort sensés disent, que ce style burlesque n'est " qu'un excrément du cheval Pégase, et le fumier de son " écurie ; ou bien, ce n'est qu'un fruit du divertissement " qu'ont pu prendre les valets des poètes, quand ils " ont gardé leurs mules au pied du Mont Parnasse, " et lorsque, pour éviter l'oisiveté, ils ont voulu " éprouver s'ils feraient bien le métier de leurs maî-
" très ('). "
" Apollon travesti devint un Tabarin.
" Disguis'd Apollo chang'd to Harlequin. "
(Dryden.)
Voici deux notes de Brossette : 1° " Allusion au " Virgile travesti de Scarron. Avant lui, Battista " Lalli, poète italien, avait fait une Enéide travestie. 2° " Tabarin. bouffon très grossier, valet de " Mondor ("). Ce Mondor était un charlatan, ou