‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 150 sur 255 · Liv. VIII, F · texte numérisé non relu

Liv. VIII, F

3. On a remarqué dans les œuvres de Tabarin un détail d'histoire assez curieux. C'est parmi ce fatras de boufifonneries triviales que, pour la première fois, il est fait mention de l'usage du parapluie en France, (V. Dez. et Bach. Dict. de Littér.)

Ce grossier personnage eut la bonne fortune d'être connu des génies de son siècle. Il y a gagné l'immortalité. Nombre de beaux esprits lui ont octroyé un souvenir. Boileau lui en a même octroyé deux: celui qui nous occupe, et celui du chant m, où il rapproche de si près Tabarin et Molière. Le nom de Tabarin s'en ira chez la postérité avec les austères alexandrins de VArt Poétique et avec les bouts-rimés des frondeurs. Les fameux : n a tant, des " Regrets de l'absence du roi ", ne l'ont pas oublié :

" Les pédants n'ont point tant de phrases ; " Tabarin n'a point tant d'onguents etc. "

Charles Sorel pensait, comme Boileau, que l'Apollon des poètes burlesques ressemble à Tabarin ; que les vers burlesques sont dignes de la foire ; qu'on doit accompagner ces poèmes misérables, non point de la lyre, mais du tambour de basque : " aussi de tels poètes " avouent que leurs muses n'ont pas besoin de luth, ni " de viole ; que ce sont des musiciennes à castagnettes, " ou à cliquettes, et à tambour de Biscaye ('). "

" Cette contagion infecta les provinces,

" Du clerc et du bourgeois passa jusques aux princes ;

" J e plus mauvais plaisant eut des approbateurs,

" Et jusqu'à d'Assoucy tout trouva des lecteurs.

" The duUest scribblers some admirera found, " And the Mock Teinpesi (^) was a while renown' d. "

(Dryden.)

Charles Coypeau, sieur d'Assoucy, poète, conteur, musicien, plus d'une fois prisonnier, voyageur nomade, avait travesti les Métamorphoses d'Ovide. Je transcris la note de Brossette : " D'Assouci fut très sensible à l'injure contenue dans ce vers :

" Et jusqu'à d'Assoucy...

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