I. Éd. de 1592, p
critiqties : " ce n'est donc point la vieillesse des mots " et des expressions dans Ronsard, qui a décrié Ron- " sard; c'est qu'on s'est aperçu tout d'un coup que les " beautés qu'on y croyait voir n'étaient point des beau- " tés; ce que Bertaut, Malherbe, de Lingendes et " Racan qui vinrent après lui, contribuèrent beaucoup " à faire connaître (').
Alors, il n'y aurait plus rien, absolument rien, de louable dans les poèmes de Ronsard. Boileau exagère. Ronsard et Boileau furent d'une trempe poétique toute différente ; ils eurent des qualités fort diverses d'esprit, d'imagination, de goût. Ils semblent n'avoir eu de commun qu'une pénible infirmité; Ronsard jeune encore, et Boileau, en sa vieillesse chenue, devinrent
sourds.
" Ce poète orgueilleux trébuché de si haut,
Avec quelle compassion le xvii^ siècle regarda ce grand poète découronné de son prestige et traîné aux gémonies par Malherbe! Personne toutefois n'a poussé le mépris de Ronsard plus loin que ne fit le patriarche des Jansénistes : " C'a été, écrit Arnaud, un déshon- " neur à la France d'avoir fait tant d'estime des pi- " toyables poésies de Ronsard (^). " La France eut à rougir de déshonneurs plus regrettables que celui-là! Qui dit trop, dit peu de chose.
La Gîierre poétique de M. de Callières met en relief, par le moyen d'une fiction, le haut mépris des poètes sujets de Louis XIV pour le poète ami de Charles IX. D'après Callières, le parti des modernes avait élu sur le Parnasse, le grand Corneille pour son