‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 250 sur 255 · Misanth., acte III, se · texte numérisé non relu

Misanth., acte III, se

Boileau s'était, depuis longtemps, raillé de ces gens de condition admirateurs maladroits, de ce " jeune marquis " allant " pleurer au Tartufe et rire à \ Andro- " maçiie (') ". Plus d'une fois encore il déclara la guerre à la sottise qui s'étale

" En habit de marquis, en robes de comtesse " ; il la déclara surtout dans son Épître de consolation à Racine. En effet Racine et Despréaux devaient bientôt, à leurs dépens, faire l'expérience du zèle que de hauts personnages mirent à soutenir " l'ouvrage le " plus plat ". Quand Pradon recevait pour sa Phèdre les applaudissements du Duc de Nevers et de Madame Des Houlières, Racine et Despréaux étaient menacés du bâton, ou de pis encore. Boileau se vengea plus tard dans sa x^ Satire ; où. il rit des coteries, protégeant de fort haut les vers de Pradon :

" Là du faux bel-esprit se tiennent les bureaux ;

" Là tous les vers sont bons pourvu qu'ils soient nouveaux. "

Boileau, qui se fit par acte authentique reconnaître noble, de vieille souche, descendant du prévôt de Paris sous le règne de saint Louis, respectait fort les titres vérifiés par d' H osier. Mais il ne croyait pas qu'un parchemin jauni par une suite de siècles donnât du génie littéraire ou du goût. Il le prouva par sa conduite à l'égard du Marquis de Saint-Aulaire : " Lorsqu'il " fut question de recevoir à l'académie M. le Marquis " de Saint-Aulaire, il s'y opposa vivement, et répondit " à ceux qui lui représentaient qu'il fallait avoir des " égards pour un homme de cette condition : — Je ne " lui dispute pas ses titres de noblesse, mais je lui " dispute ses titres au Parnasse.

"Un des académiciens ayant répliqué que M. de

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