Triomphe de Pradon; Épître à Alcandre
" satires contre quelques poètes français, tant du siècle " passé que du présent (') ".
Carel dit : " Vous remarquerez que cet Art Poéti- " que... n'est qu'une traduction d'Horace en la plupart " (sic) ; et que ce que cet habile Docteur y a ajouté du sien ne vaut rien du tout("). " — Et dans un autre endroit, s'adressant à Boileau, parlant à sa personne, Carel lui fait la morale, à la manière d'Esope : " Vous vous glorifiez, mon cher ami. d'un peu de bruit qu'ont fait vos ouvrages. Ce n'est pas à vous que l'on en a; c'est aux pensées de Juvénal et d'Horace. Vous me faites souvenir de l'âne d'Esope, qui portait la déesse Isis. Il était couronné de festons ; on l'avait couvert d'une riche housse de broderie d'or ; il voyait une foule, qui fléchissait les genoux devant lui, quand il passait par les rues. Ce maître Ane concevait de là une haute opinion de soi-même. Quelqu'un s'en aperçut, qui ne put s'empêcher de rire, et de lui faire ce compliment : Messer Baudet, ce n'est pas à toi qu'on rend ces honneurs; c'est à la déesse que tu portes (3)." Pradon entonne le même refrain : " c'est ici que M. D*^"^ s'érige en maître du Parnasse, qu'il nous donne un Art Poétique, ou plutôt l'Art Poétique d'Horace qu'il traduit ; et à parler sincèrement de cet ouvrage, tant qu'il suit le guide fidèle et savant qui le soutient, et dont il traduit les pensées mot pour mot, il dit d'excellentes choses après Horace ; mais sitôt qu'il s'abandonne à son propre génie, il rampe et donne du nez en terre ; de sorte que,