Dé/, des beaux esprits, etc., p
3. Ibid., p. 28 et 29, Art. VII. Les qualités desprit nécessaires à un homme de Lettres,
" Datis son gc/iie étroit il est toujours captif, " Pour lui PJiéhus est sourd et Pégase est rétif. "
"Et bien loin d'attraper la hautetir des vers, il " tombe dans la bassesse ; et ne sait plus ce qu'il dit, " sitôt qu'il ne parle plus avec Horace (').
Pradon se répète en vers :
" Soit qu'il loue, ou qu'il blâme, impertinent acteur,
" Critique sans raison et plus méchant flatteur !
" Mais qu'a-t-il prétendu par son Art Poétiquel
" Estropier Horace en style méthodique.
" Pour coudre à ses leçons des préceptes nouveaux,
" Pourquoi le déchirer et le mettre en lambeaux ?
" Scaliger et Vida sont maniés de même;
" Il les a travestis avec un soin extrême;
" Il fait tout ce qu'il peut pour être original;
" Mais s'il emprunte bien, qu'il en profite mal (f) ! "
Bonnecorse marche à son tour sur les brisées de Pradon, et dit de Boileau :
" Il vole effrontément les dogmes qu'il entasse; " Tout est de Scaliger et du célèbre Horace. " Pourquoi, s'il est savant, ne le pas témoigner, " En pratiquant cet art qu'il prétend enseigner ? "
Les Journalistes de Trévoux appuyèrent {f) plus tard, sur le même grief à propos de l'édition de 1701 : " En parcourant le volume, on trouve que les pages " sont plus ou moins chargées de vers latins imités, " selon que certaines pièces de M. Despréaux ont été " communément plus ou moins estimées. Dans son " Ai't Poétique, par exemple, qui lui a fait tant d'hon- " ne'ur, on trouve ici imprimé un grand quart de \ Art " Poétiqite d'Horace. Mais c'est qu'à force de goûter