La défense, etc., p. "JJ
" au Parnasse, épanchant son feu divin ", de lire un compliment versifié, où Hamilton cousait les lambeaux de ce passage :
" Notre Pégase est un roussin, " Que la moindre traite embarrasse " Et qui, bronchant dès la préface, " Est rétif à moitié chemin ('). "
Hamilton avait écrit son épître, "des bords de la " rivière d'Eure " ; Boileau lui répondit qu'il craignait de voir les neuf Filles de Mnémosyne quitter " les rives du Permesse ", pour " s'aller habituer aux bords de la rivière " d'Eure (^) ", Hyperbole de poète mis en belle humeur par une louange.
Saint-Amant, auquel Boileau va bientôt accorder une mention peu glorieuse, avait jadis fait le portrait de Pégase rétif. Saint-Amant s'était plaint, fort joyeusement, de ce qu'en son absence, un sot avait osé enfourcher le susdit coursier, en le menant boire au ruisseau sacré. Depuis lors, Pégase était rétif, et " plus quinteux qu'un mulet".
Voici, exprimée par le " bon gros " Saint-Amant, l'idée contenue dans l'hémistiche de Despréaux :
" Apollon, qu'est-ceci? qu'a-t-on fait à Pégase?... " Sitôt qu'à l'étrier mon pied je veux offrir, *' Il trémousse, il regimbe, il se cabre, il tempête, "Et me tourne la croupe... Il fait enfin la bête ; " Et je vois, non sans peur, de mes yeux étonnés, " Que de mainte ruade il me frise le nez (^). "
Pradon saisit toutes les allégories mythologiques de Boileau, pour faire voir que Boileau mérite toutes les censures, par lui infligées aux rrmeurs sans génie :
1. Œîiv. du Comte Ham. Éd. de Londres, t. I, p. \02^ Epître écrite de Maintenon à AI. Desprcmix.