Avant-Satire. — Éd. Livet, I, p
" Jamais poète ne fut si à sec que M. D***... D'abord " son Péoase s'effarouche et retourne en arrière ; son " Pégase est rétif, comme il dit fort bien dans son " Art Poétique; son génie est étî'oit et captif, et son " Apollon est... éperdu ("). "
M. Géruzez critique un peu plus sérieusement que Pradon l'incohérence d'idées et d'images dans ce distique : " On ne voit pas comment le poète captif, " c'est-à-dire enfermé dans son génie étroit, pourrait " en sortir, pour éprouver si Pégase lui est rétif {^). "
Brossette renvoie, pour tout ce passage, ou mieux, pour ce vers sixième, au vers d'Horace :
"Tu nihil invita dices, faciesve, Minerva (3);"
seulement Boileau remplace Minerve par Phébus et Pégase. — Longtemps auparavant, il avait appliqué ces vieilles allusions fabuleuses à Charpentier et consorts :
" Sur le haut Hélicon, leur veine méprisée " Fut toujours des Neuf-Sœurs la fable et la risée. " Calliope jamais ne daigna leur parler, " Et Pégase pour eux refuse de voler (^). "
Boileau mentionne ailleurs les dédains qu'il éprouva lui-même, de la part de Phébus, et des ruades que lui envoya Pégase. C'est dans sa lettre au comte d'Ericeira, traducteur de \ Art Poétique: " Franche- " ment je ne fais pas des vers, ni même de la prose, " quand je veux. Apollon est pour moi un dieu bi- " zarre, qui ne me donnç pas comme à vous audience