I.'aRT POéTIQUB. — III
Horace est plus riche :
" Multa senem circnmveniunt incommoda^ vel quod " Quœrit etinventis miser absiinet ac timet utt ; ** Vel quod res omnes timide gelideque ministrat^ '* Dilaior^ spe longus^ inerSy avidusque futuri^ " DifficiliSy querulus^ laudator temporis acti " Se puer ; censor^ castigaiorque minorum ('). '*
Vauquelin est un fidèle traducteur :
" L*âge apporte au vieillard mainte incommodité,
** Soit qu'aux acquêts il soit ardemment incité,
" Soit que son bien acquis il ne veuille despendre (*),
" Qu'il aime mieux garder qu'à son dommage vendre ;
" Soit qu'en toute entreprise il soit timide et froid,
" Dilayeur, attendant, riotteux, maladroit,
" Convoiteux du futur, chagrin, plaignant sans cesse,
" Louant le temps passé qu'il était en jeunesse ;
" Sévère repreneur des mœurs des jeunes gens,
** Se fâchant, négligent, de les voir négligents (3). "
Régnier imite, en poète et en philosophe :
" Maints fâcheux accidents surprennent sa vieillesse ;
" Soit qu'avec du souci gagnant de la richesse,
" Il s'en défend l'usage et craint de s'en servir,
" Que, tant plus il en a, moins s'en peut assouvir ;
" Ou soit qu'avec froideur il fasse toute chose,
** Imbécile, douteux, qui voudrait et qui n'ose,
" Dilayant, qui toujours a l'œil sur l'avenir ;
" De léger il n'espère, et croit au souvenir;
" Il parle de son temps, difficile et sévère ;
" Censurant la jeunesse, use des droits de père ;
" Il corrige, il reprend, hargneux en ses façons,
" Et veut que tous ses mots soient autant de leçons (*). ''
La Bruyère traite un peu la vieillesse comme Tenfance ; il n'en voit que les côtés tristes. Au surplus, il est aisé de s'apercevoir que, dans ces portraits des âges, Boileau ne voit non plus que les aspects les