‹ L'art poétique de Boileau (volume 2)Chapitre 128 sur 153 · I. La déf, etc., p · texte numérisé non relu

I. La déf, etc., p

*' ami de la vertu ". Il n'y est pas plus chrétien que son patron le philosophe-buveur de Tibur. Ces deux cents vers, écrits ** sous les regards favorables '*. de Sa Majesté très chrétienne, à quelques pas de la chaire de Bossuet et de Bourdaloue, ressemblent (sauf peut-être une douzaine) à quelque version française d'une épltre d'Horace. Sans doute Boileau laisse bien loin •* son " Horace après lui", lorsqu'il flétrit les auteurs infâmes

" Trahissant la vertu sur un papier coupable " /

ou lorsqu'il établit ce principe profondément et éternellement vrai :

" Le vers se sent toujours des bassesses du cœur " ;

OU bien encore lorsque, se drapant dans sa dignité et sa pension, prenant le maintien et la voix d'un Cijd campeador, il crie à ses humbles émules :

** N^ allons point à V honneur par de honteuses brigues l^^

Mais à part ces deux ou trois coups d'ailes, le poète se tient à mi-côte.

S'il avait écouté une voix plus forte, une inspiration plus divine que son Apollon démodé, s'il eût osé être croyant dans ses vers comme dans sa conduite, Boileau eût entrevu et révélé d'autres horizons plus éclairés, plus larges, plus neufs. Il est resté ** ancien ", là comme ailleurs. Il faut l'en plaindre.

Toutefois ses conseils dans leur ensemble, sont là comme ailleurs raisonnables.

Par le fait que sa morale littéraire ne s'élève qu'à des demi-hauteurs, elle demeure davantage à la portée de tous.

C'est la sagesse facile d'un homme de bon ton, de ce que l'on appelait, il y a deux cents ans, un honnête homme. Tous les gens de lettres peuvent au moins viser là.

Souhaitons-le; et répétons avec l'honnête Despréaux:

" Auteurs, prêtez PoreilU à ces tmlfuctiom. " Par où saurions-nous mieux finir ?

Page 1