‹ L'art poétique de Boileau (volume 2)Chapitre 35 sur 153 · I. Vers supprimés ensuite par Boileau. (V. infra · texte numérisé non relu

I. Vers supprimés ensuite par Boileau. (V. infra

1, Défense^ etc., p. 102. — 3. A, /*., v. 368-369 et 372-373.

Boileau avait déjà dit à propos du Parnasse :

" Et ne savez-vous pas que, sur ce mont sacré,

" Qui ne vole au sommet tombe au plus bas degré,

" Et qu'à moins d'être au rang d'Horace ou de Voiture (?),

" On rampe dans la fange avec l'Abbé de Pure (') ? "

Son ancêtre, Ronsard, était de même sentiment touchant le noble métier de poésie : " Tu n'ignores pas, ** lecteur, qu un poète ne doit jamais être médiocre *' en son métier, ni savoir sa leçon à demi, mais tout *' bon, tout excellent et tout parfait ; la médiocrité ** est un vice en la poésie ; il vaudrait mieux ne s*en ** mêler jamais et apprendre un autre métier (")."

Soyez plutôt maçon ! — Balzac, qui est un trait d'union entre Ronsard et Boileau, juge comme eux que pour être bons, les vers doivent être exquis : ** J'ai le

* même goût pour les vers que pour les melons ; et si

* ces deux sortes de fruits ne sont pas en un degré de

* bonté qui soit proche des choses parfaites, je ne les

* louerais pas sur la table du Roi, ni dans les œuvres

* d'Homère (^). *' Balzac se répéta un jour devant Ménage et Desmarets. On lui disait que Desmarets

* était poète et qu'il excellait à faire des vers. Je n'aime

* point les vers, dit-il en prenant la parole, à moins

* qu'ils ne soient bons au souverain degré. M. Desma-

* rets lui dit : J'ai aussi le même goût pour la prose (*)." Le P. Rapin promulguait ce même précepte en prose

quand Boileau rimait le sien : '* Qu'on se mette bien ** dans l'esprit qu'il ne faut point se mêler de faire des ** vers, qu on n'en fasse excellemment, et qu'on ne se *' distingue des autres. Car, comme on n'est pas obligé *' d'en faire, à quoi bon se rompre la tête et hasarder '* sa réputation, si l'on n'en fait bien ? Qu'on sache aussi

i.Sa/. IX. — 2. Préf. de la Franciade, i692,p-26-7. — 3. Lettre à M, de Doisrobert^ 12 septembre 1623. — 4. Mén, Kd. de 1693, p. 194-5-

** que la poésie ne peut faire d'honneur aux gens de ** petit sens , que la passion de faire des vers est une ** maladie dangereuse, quand elle vient à un esprit ** médiocre ('). "

Cette prose rappelle assez bien les vers d'Alceste à Oronte. Partout la même horreur de la médiocrité rimeuse. Le chevalier de Cailly pensait là-dessus comme tous les gens d'esprit :

" Le inonde, en tous les arts, s'est assez contenté

** De voir la médiocrité ;

** Mais en vers quiconque travaille, " S*il ne fait qu'on Tadmire, il ne fait rien qui vaille ('). "

La Bruyère fait chorus : ** Il y a de certaines choses ** dont la médiocrité est insupportable : la Poésie, la ** Musique, la Peinture, le Discours public (^)." La Bruyère est un peu plus sévère que Despréaux et que les autres critiques, pour lesquels la médiocrité est acceptable ** dans tout autre art ".

Il est vrai que les poètes auront toujours une excuse à mettre en avant : ** Ils diront tant qu'on voudra qu'il ** n'est pas permis de faire des vers médiocres ; mais ** pour se conserver dans le droit d'en faire, ils n'avoue- ** ront jamais qu'ils n'en fassent que de médiocres (♦). "

Les quatre vers de Boileau :** Il n'est point de degrés ** etc. " étaient, dans les éditions antérieures à 1701, suivis des quatre autres que voici :

" Les vers ne souffrent point de médiocre auteur ; " Ses écrits en tous lieux sont l'effroi du lecteur,

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