I. Brosselie, loc, cit. — 2. Ailleurs on lit '.gannhe
" A genoux, Enéide^ à genoux, J^ade / " Adorez toutes deux ma sainte Franàade ; ** Car vous n'êtes que fable et pure vanité \ " Ma sainte Franciade est toute vérité (') . *'
D accord ; mais les vers !...
4° La Morlière, ** Cet auteur est si obscur et si " ignoré, que M. Despréaux nem*en a pu dire aucune *' particularité. " Ainsi s exprime le fidèle trucheman, Brossette (^). Boileau ne savait que le nom de ce pauvre La Morlière, et il en a fait un . . . immortel. Mais ce nom rimait si aisément à Mesnardière ! or Boileau imitait son guide Horace, dont il a dit, au chant ii :
" Et malheur à tout- nom qui, propre à la censure, " Put entrer dans un vers !... "
Saint-Marc et du Monteil, successeurs de Brossette, complètent les renseignements, si peu fournis, de ce dernier sur Adrien de La Morlière : ** Il était natif de ** Chauni et chanoine d'Amiens. Colletet, dans son "'Art poétique, nous apprend que cet auteur publia ** divers Sonnets, avec un commentaire, qui est une *' espèce de glose aussi ténébreuse que le texte. lia fait ** aussi les Antiquités et les cfioses les plus remarquables *' d'Amiens, donft il y eut quatre éditions en vingt ans.*'
Son meilleur ouvrage est un travail de généalogie sur '* plusieurs nobles et illustres maisons vivantes et éteintes ** en l'étendue du Diocèse d'Amiens (^), "
Boileau, selon toute vraisemblance, aura vu ce nom dans un recueil de poésies ; et sans plus de renseignements, il écrivit :
*' On ne lit guère plus La Morlière ! "
I. V. Édit. de Saint-Surin, t. II, p. 283. — 2. Loc, cit.,\i, 532. 3. V. S,' A/., t. II, p. 147-
"Un fou du moins fait rire, et peut nous égager ; " Mais un froid écrivain ne sait rien qu'ennuyer. " J*aime mieux Bergerac et sa burlesque audace,
Brossettedit négligemment de Cyrano de Bergerac qu il montra plus d'imagination que de jugement. Il ajoute : ** Molière aimait Cyrano, qui était plus âgé ** quelui. C est du Péc/ani joué dt Cyrano, qu^ Molière ** a pris ce mot fameux :
** Afais qu^ allait-il faire dans cette galère (') ? "
Ce Pédant était un principal du collège de Beauvais, nommé Grangier. Cyrano avait été élève de ce même collège avant Boileau.
L*ouvnige où Bergerac étale le plus parfaitement " sa builesque audace " est \ Histoire comique des État et Empire de la Lune et du Soleil, On prétend que Fontenelle, Swift et Voltaire ont extrait plus d'une perle de ces fouillis monstrueux. Voici le début du voyage dans la Lune. Un soir Bergerac, ** à neuf heures '* sonnées *', revenait de Clamart, avec plusieurs amis. C'était par un beau clair de lune.** Les diverses pensées ** que nous donna cette boule de safran nous défrayèrent ** sur le chemin ; de sorte que, les yeux noyés dans ce ** grand astre, tantôt Tun le prenait pour une lucarne ** du ciel ; tantôt un autre assurait que c'était la platine ** où Diane dresse les rabats d'Apollon ; un autre, ** que ce pouvait bien être le Soleil lui-même, qui, ** s'étant au soir dépouillé de ses rayons, regardait par ** un trou ce qu'on faisait au monde quand il n'y était ** pas. Et moi, leur dis-je...,je crois que la Lune est un ** monde comme celui-ci, à qui le nôtre sert de Lune. " Quelques-uns de la compagnie me régalèrent d'un