I. Édii. irAmsicrdnnijiycK), p. i ei 2. — 2. 7/^, p
** vents qui soufflent le froid sont les derniers soupirs *' de la nature agonisante ('). "
Le Printemps, ** Je pense que la nature est aux '* noces. On ne voit que danses, que concerts, que *' festins ; et qui voudrait chercher dispute, n'aurait ** pas le contentement d'en trouver, sinon de celles ** qui, pour la beauté, surviennent entre les fleurs. Là, ** possible, au sortir du combat, un œillet tout sanglant ** tombe de lassitude. Là, un bouton de rose, enflé du ** mauvais succès de son antagoniste, s'épanouit de ** joie. Là, le lis, ce colosse entre les fleurs, ce géant de ** laît caillé, glorieux de voir ses images triompher au " Louvre, s'élève sur ses compagnes, les regarde de ** haut en bas, et fait devant soi prosterner la violette, ** qui, jalouse et fâchée de ne pas monter au^si haut, ** redouble ses odeurs, afin d'obtenir de notre nez la ** préférence que nos yeux Ibi refusent. Là le gazon de ** thym s'agenouille humblement devant la tulipe, à ** cause qu'elle porte un calice (^). "
La rosée à! Été. *'... Cette belle rosée, qui nous fait ** croire par ses infinies gouttes de lumière, que le •* flambeau du monde est en poudre dans nos prés ; ** qu'un million de petits cieux sont tombés sur la terre; ** ou que c'est l'âme de l'univers, qui, ne sachant quel ** honneur rendre à son père le soleil, sort au-devant ** de lui, et le va recevoir jusque sur la pointe des '* herbes. Les villageois s'imaginent, tantôt que ce ** sont des poux d'argent tombés au matin de la tête ** du soleil qui se peigne ; tantôt la sueur de l'air, cor- '* rompue parle chaud, où des vers luisants se sont mis; '* tantôt la salive des astres, qui leur tombe de la ** bouche en dormant. Mais enfin, quoi que ce puisse ** être, il n'importe ; fussent les larmes de l'Aurore, elle