‹ L'art poétique de Boileau (volume 2)Chapitre 58 sur 153 · I . V. Lit t. à M. Le Vasseur · texte numérisé non relu

I . V. Lit t. à M. Le Vasseur

1 art, félicitons-le d'avoir ici même suivi son précepte : Un fat quelquefois ouvre un avis important. Desmarets était un fat aux yeux de Boileau ; cependant c'est grâce à Desmarets- qu'il effaça une incorrection du dernier de ces six vers. Il avait d'abord écrit : franchir les limites; Desmarets souligna ainsi cette expression ou peu grammaticale ou trop vague : ** Méchant vers, ** tant pour la rude inversion que pour l'équivoque (')." Boileau se corrigea et changea les en letirs.

Remercions Boileau d'avoir, en cet alinéa, ouvert des horizons au génie, et aussi d'avoir répondu par avance aux exagérés qui font de lui un esprit toujours étroit, petit, esclave. L'art a des règles ; la nature, le sens commun, l'expérience sage les révèlent aux habiles. Mais ce n'est point violer les règles de l'art que de les franchir par un bond ** vigoureux'' ; c'est simplement briser des entraves. Balzac, en se prononçant contre l'injuste critique du O'rt^par Scudéry, disait de Corneille : ** L'auteur du OV/vous avouant qu'il a violé " les règles de l'art, vous oblige de lui avouer qu'il a " un secret, qui a mieux réussi que l'art même. "

La première règle de l'art est de ne point astreindre le génie aux recettes ; mais de lâcher la bride aux *' esprits vigoureux. " Boileau Ta compris et il l'a décrété. Les ** règles prescrites " en Littérature ressemblent aux lois du code civil ; celles-ci ne sont gênantes que pour les scélérats et délinquants de toute venue ; celles-là ne sont des obstacles que pour les esprits dépourvus d'ailes et ignorant les ** transports " heureux ". -r- Corneille s'en est expliqué presque dans les mêmes termes que Boileau : ** Il est bon de •* hasarder un peu et ne s'attacher pas toujours servi-

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