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120 L'ART POÉTIQUK.
'* lement à ses préceptes ('), ne fût-ce que pour prati- ** quer celui-ci de notre Horace : Et mihires, non me ** rébus stibmittere conor. Mais il faut que 1 evéne- ** ment justifie cette hardiesse ; et dans une liberté de ** cette nature on demeure coupable, à moins que ** d'être fort heureux ("). "
Racine avait raillé très plaisamment les petits esprits qui croient un peu trop niaisement aux règles de Tart, les honnêtes gens qui se font scrupule de se laisser attendrir à une belle Tragédie, où le poète enjambe un rempart élevé par Aristote ou par labbé d'Aubignac : '* Qu'ils se reposent sur nous, dit-il, de la fatigue ** d'éclaircir les difficultés de la Poétique d'Aristote ; '• qu'ils se réservent le plaisir de pleurer et d'être ** attendris ; et qu'ils me permettent de leur dire ce ** qu'un musicien disait à Philippe, roi de Macédoine, *' qui prétendait qu'une chanson n'était pas selon les ** règles : A Dieu ne plaise. Seigneur, que vous soyez ** jamais si malheureux que de savoir ces choses-là ** mieux que moi (^).
Enfin Molière nous donne à entendre ce que c'est au fond que ces règles de l'art. Personne n'a mieux appris de l'art même à '* franchir leurs limites ". Mais aussi comme il rit gaiement avec son Dorante, de *' tout le savoir enrouillé des pédants ! "
Lysidas.
'' Ceux qui possèdent Aristote et Horace voient