‹ L'art poétique de Boileau (volume 2)Chapitre 71 sur 153 · Ibid, p. 27-29. j · texte numérisé non relu

Ibid, p. 27-29. j

2. En fait de Tragédies ou Comédies " innocentes ", Bossuet admet ( tout au plus, les pièces jouées " dans les collèges " par " une jeunesse " réglée, à qui ses maîtres proposent de tels exercices, pour leur aider à " former ou leur style ou leur action ", ou pour " leur donner quelque " honnête relâchement. " Bossuet cite en cet endroit la règle du Ratio studiorum des Jésuites, dont la ** savante Compagnie s'est dévouée avec " tant de zèle et de succès à l'instruction de la jeunesse. " (V. Ibid p. 95.) — Dans la Description de ta vil te de Paris ^ Germain Brice fait ainsi mention du théâtre des Jésuites au collège Louis le Grand : " Ce qui fait

. " plus de bruit est la grande Tragédie que l'on représente au mois d'août» " sur un théâtre élevé exprès, qui occupe tout le fond de la cour. Ce sont " toujours des pensionnaires et des écoliers qui en sont les acteurs ; et *' les ballets de la coipposition des plus fameux maîtres, que l'on danse " dans les intermèdes, en sont un des principaux ornements. A la fin de *• la pièce, on fait la distribution des Prix aux écoliers qui les ont méri- " tés, sans aucun égard à la qualité; ce qui donne beaucoup d'émulation " à cette jeunesse, qui fait tous ses efforts, pour remporter, à la vue de " tant de personnes, des prix, dont le roi veut bien faire la dépense. " (VMÉd.,t. II, p. 14 1-2.)

d'un athlète jeune et le zèle d'un Ambroise, Fénelon entra en lice à son tour ; ce fut quelques mois seulement avant sa mort ('). Il serait banal de transcrire ici ce que tout le monde sait. L'opinion de l'académicien-archevêque est motivée à la fois par son goût de lettré et par son devoir de pasteur. Il désapprouve " cette mode du bel esprit qui fait mettre de l'amour ** partout. " Il s'afflige de voir que ** nos deux poètes '* tragiques, qui méritent d'ailleurs les plus grands '* éloges, ont été entraînés par le torrent. " Il souhaiterait que la Tragédie fût affranchie de ** cet amour ** volage et déréglé " et de ces ** héros langoureux ". Il se réjouit de l'infériorité où notre scène semble réduite. ** Loin de vouloir qu'on perfectionne de tels ** spectacles, je ressens une véritable joie de ce qu'ils ** sont chez nous imparfaits en leur genre. Nos poètes ** les ont rendus languissants, fades et doucereux ** comme les Romans. On n'y parle que de feux, de *' chaînes et de tourments. On y veut mourir, en se '* portant bien ". Il félicite Racine d'avoir essayé " une '* Tragédie française d'Œdipe, suivant le goût de ** Sophocle, sans y mêler aucune intrigue postiche ** d'amour, et suivant la simplicité grecque ". Enfin il accuse Molière d'avoir donné ** un tour gracieux au - viceC). "•

Trois ou quatre ans avant Fénelon, Frain du Tremblay lançait de terribles reproches contre Boileau

1. Massillon porta aussi sentence contre le théâtre, sur le même chef d'accusation. Il était presque tenté de croire que le théâtre était chose essentiellement mauvaise. C'est à quoi Boileau fait allusion dans sa lettre k Monchesnai: ^' Je vous soutiens, quoi qu'en dise le P. Massillon, ** que le poème dramatique est une poésie indifférente de soi-même, et " qui n'est mauvaise que par le mauvais usage qu'on en fait. " (Lettre du 3 sept. 1707.)

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