V. H. Régnier, p. Lxxni, note. — 4. BoL xci
L'aJIT roETIQlE. - II.
** en son style, qtiil avait pris de Marot et de Rabelais. " Boîleau trouvait La Fontaine original dans ses contes, même quand il en empruntait le sujet à T Arioste.' C est Boileau qui a dit que La Fontaine imitait originalement à la façon de Virgile, de Térence et du Tasse ('). Pourquoi ne lui aurait-il pas reconnu le même mérite dans ses fables? D après un fait raconté par Brossette, Boileau reprochait bien plutôt à La Fontaine de n'avoir pas traduit fidèlement Ésope. Et ce fut à cause de cela que, sur les conseils de Boileau, La Fontaine refit la fable La Mort et le Bûcheron^ sujet où Boileau lui-même essaya de lutter avec le fabuliste. — Quant au style marotique des Fables, Boileau n avait-il pas écrit :
" Imitons de Marot Télégànt badinage?"
Pouvait-il blâmer La Fontaine d avoir si bien obéi, par avance, à ses conseils? Tout au contraire, Boileau semble lui en avoir fait une gloire. Il dit à propos de MarotetdeSaint-Gelais,dans sesy?^i^ji;^V?«5 rr^Vî*i^i^y('): ** Pour trouver l'air naïf en français, on a encore quel- ** quefois recours à leur style; et c'est ce qui a si bien ** réussi au célèbre M, de La Fontaine. *'
Cependant Monchesnai semblerait confirmer cette opinion que Boileau ne découvrait pas assez de personnalité dans la littérature de La Fontaine : ** M. Des- '* préaux disait que La Fontaine avait beaucoup d*esprit, '' mais qu'il n'avait qu'une sorte d'esprit. Encore pré- " tendait-il que cette manière si naïve de dire les '* choses, qui fait le caractère de La Fontaine, n était
* pas originale en lui, puisqu'il la tenait de Marot, de
* Rabelais et autres, qui ont écrit dans le vieux style ;
* qu'il y avait du mérite à s'en servir quelquefois.