‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 117 sur 236 · L'ART P01ÉTIQUE · texte numérisé non relu

L'ART P01ÉTIQUE

** mais je crois qu'il Ta fallu voir plus d'une fois, pour " en remporter une entière intelligence. "

Pourrait-on être plus sincère ?

Si Boileau a voulu blâmer Héraclius, Corneille justifie Boileau et confesse nettement que sa pièce fatigue les spectateurs. Mais longtemps avant Héraclius, Corneille avait écrit, avec une fierté égale à sa franchise: ** Ceux qui n'approuvent pas mes pièces, peuvent se " dîspenserd'y venir gagner la migraine. Ils épargneront ** de l'argent et me feront plaisir (')."

'* J'aimerais mieux encor qu'il déclinât son nom " Kt dit : Je sulsOreste ou bien Agamemnon.

** Il y a, dit Boileau, de pareils exemples dans Euri- •' pide. "

Il y en a aussi dans Racine, élève d'Euripide (')• Dans Iphigénie^ Agamemnon ouvre la pièce en disant à Arcas :

" Oui, c'est Agamemnoriy c'est ton roi qui t'éveille (3). "

Chez Euripide, cette façon de débuter est assez fréquente :

Dans les Troyennes, Neptune commence en ces termes: ** Me voici, moi, Neptune... "

Dans les Bacchantes, Bacchus s'annonce de même dès les premiers vers : ** Me voici sur cette terre des *• Thébains, moi, Bacchus (*)... "

"Que d'aller, par un tas de confuses merveilles,

" Méchante césure ; chacun croit qu'il (Despréaux)

** n a pas de discernement pour les sentir, puisqu'il y

I. La suivante, (Épître.) — 2. V. La Bruyère, ch. I: " Racine... doit plus à Euripide. "

3. Dans Andromaquey O reste se nomme, au 6™*^ vers ; Esther, au S'"*-*, et, dans les Plaideurs. " Monsieur de Petit-Jean", au 10°*, etc.

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