‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 119 sur 236 · Pratique du théâtre^ Amsterdam, 1. 1, L. m, p · texte numérisé non relu

Pratique du théâtre^ Amsterdam, 1. 1, L. m, p

dire que c'est un acte. " Mais oîi la scène se passe-t-elle? Ici, là, ou ailleurs. — " Il prend une histoire qui lui ** plaît sans savoir ce qu elle a de convenable ou de '* malpropre à la scène, sans regarder quels ornements " elle peut souffrir, et quels inconvénients il faut éviter. " Il se résout de cacher sous un rideau tout ce qui ** l'incommodera, de mettre la France dans un coin du ** théâtre, la Turquie dans Tautre, et TEspagne au ** milieu. Tantôt ses acteurs paraîtront dans la salle du " Louvre, tantôt sur un grand chemin, et aussitôt dans " un parterre de fleurs. Il dispose une toile verte, pour ** faire passer quelqu'un, sur mer, de France en Dane- " mark ; — et remplit tout de ridicules imaginations " et de pensées directement opposées à la vraisem-

" blance {'). "

" Un rimeur, sans përil, delà les Pyrénées

" Sur la scène, on un Jour, renferme des années :

" I«à souvent le héros d'un spectacle grossier.

Écoutons d'abord les observations grammaticales, ou autres, de Desmarets, puis de Pradon : " On dit * * bien : le héros du poème, ou de la tragédie , ou de la ''pièce; mais on ne dit point : le héros dun spectacle ('). "

'* Ce serait à un Prince (sic) à qui on le donnerait ** (le spectacle), qui serait le héros d' un spectacle (3). " Sur le dernier hémistiche Desmarets avance une critique plus justifiée, mais peu délicate dans la forme: ** Le mot ^rt7j^î>r est une épithète bien grossière pour " spectacle : et ce mot est trop grossier, pour être aimé ** et répété si souvent. Il est encore répété à la page ** suivante, etc. (^). "

I. La Prat. du Th,, t. I, p. 24. -^ 2. Desm. La déf, etc., p. 86. 3. Pradon, N^** Rem,, p. 93-4. — 4. Aa défense, etc., p. 86.

On trouve en effet dans ce même chant :

I* " Un spectacle grossier " ; 7^ " La tragédie informe et ^w«/(^r(f" / 3® " De pèlerins une troupe grossière ' ; 4° ** La grossière équivoque ; "

Dans les autres chants :

" Siècles grossiers (I) ; " " Vers plats et grossiers (II) ; " " Jeu de mots grossiers (II) ; " " Muse grossière (II) ; " " Grossière nature (IV) ; " " Mensonges ^i^^iiifrj " (IV) ; ** Auteurs grossiers " (IV).

** Enfant au premier acte et barbon au dernier.

Sans doute aucun, des pièces et des personnages qui vont si vite , sortent des bornes classiques , voire du bon sens dramatique. Sorel en faisait la remarque en prose : " Il est certain que ce serait " une chose fort absurde si Ton représentait toute ** la vie d'un homme en une seule pièce ; qu'on le fît ** paraître sans barbe au premier acte, avec une grosse ** barbe noire au second et au troisîème,un peu grison au " quatrième, et avec une barbe blanche au dernier(*). "

Le '* rimeur " espagnol que Boileau accuse de ces méfaits dramatiques, et dont les héros vieillissent à vue d'oeil, est celui que Corneille appelait le "Grand Lope " de Vega (') ".

Brossette dit : " Lope de Vega, poète espagnol, qui ** a composé un très grand nombre de Comédies, repré- " sente dans une de ses pièces, l'histoire de Valentin *' et Orsofiy qui naissent au premier acte, et sont fort " âgés au dernier. "

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