I. Vise, sur ia TraçédU
■r «^■«^r^ntw
d'Aubignac continue : *' Quand j'approchai M. le Cardinal de Richelieu, j'y trouvai le théâtre en grande estime, mais chargé de tous ces défauts, et principalement vicieux en ce qui regarde le temps convenable à la Tragédie.] avais souffert assez patiemment les mauvaises pièces de nos collègues et même celles de nos théâtres publics ; mais j avoue que je ne pus voir une faute si grossière en des poètes qui recevaient des applaudissements de toute la cour, sans en parler. Mais je fus généralement contredit, j ose même dire raillé, et par les poètes qui les composaient avec réputation, et par ceux qui les jouaient avec utilité, et par tous les autres qui les écoutaient avec •plaisir. Enfin cette règle du temps sembla d'abord si étrange, qu elle fit prendre tout ce que j'en disais pour les rêveries d'un homme qui, dans son cabinet, eût formé l'idée d'une Tragédie qui ne fut jamais, et qui ne pouvait être sans perdre tous ses agréments ('). "
L'abbé d'Olivet, dans l'histoire de l'Académie, rapporte l'honneur de la même trouvaille à Tauteur de la Pucelle, On ne se doutait que vaguement des unités, avant Chapelain. Comme Christophe Colomb exposant devant les deux souverains d'Espagne les trésors des Antilles. Chapelain fit voir à Richelieu et aux lettrés l'existence et les avantages des unités dramatiques. Ce fut toute une révélation. ** Il montra, en ** présence du Cardinal, qu'on devait indispensable- ** ment observer les trois fameuses unités de temps, de ** lieu et â! action. Rien ne surprit tant que cette doc- ** trine ; elle n^était pas seulement nouvelle pour le ** Cardinal ; elle Tétait pour tous les poètes qu'il avait