‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 128 sur 236 · I. Traité du Poème Épique^ 1675, P · texte numérisé non relu

I. Traité du Poème Épique^ 1675, P

** Mais que, sur cette objection, ce fût une faute " intolérable, quand le sujet d'une Tragédie durerait ** vingt-six heures, ou qu'un poème épique passerait " un peu d'une année à l'autre ; c'est ce que je ne ** comprends pas, comme une chose si fort contre le *' bon sens qu'elle fût capable de décrier un ouvrage (')."

Segrais s'exprime mal, mais il raisonne bien. Le poète Amidor des Visionnaires empruntait aussi au bon sens plus d'un bon argument contre l'unité stricte des vingt-quatre heures. Sans doute aucun, l'auteur croyait faire tenir un langage très ridicule à son poète maniaque. Mais aujourd'hui presque tout le discours à! Amidor nous semble judicieux et plausible. Erreur au delày vérité en deçà /. . . .

" Sesiiane,

" Dites, approuvez-vous ces règles des critiques, " Dont ils ont [>our garants tous les auteurs antiques, ** Cette unité dejouvy de scïne^ exaction f

" Amidor,

** Cette sévérité n*est qu'une illusion.

" Pourquoi s'assujettir aux grotesques chimères

" De ces emmaillotés dans leurs règles austères ?

" Qui n'osent de Phébus, attendre le retour,

" Et n'aiment que des fleurs qui ne durent qu'un jour ?

" Il faudrait tout quitter, car en traitant les fables,

" Ou certains accidents d'histoires véritables,

'* Comment représenter, en observant ces lois,

" Un sujet, en un jour, qui se passe en un mois ?

'* Comment fera-t-on voir en une même scène

** La ville de Corinthe avec celle d'Athène ?

" Pour la troisième loi la belle invention !

*M1 ne faudrait qu'un acte avec une action ! "

L'unité de temps était chose jugée si essentielle, vers le temps de \Art Poétique, que Bernard Lamy

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