‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 134 sur 236 · I. Pr, du Th.^ I, p · texte numérisé non relu

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'* lusse que le théâtre représentât cette ville tout en- ** tière ; cela serait un peu trop vaste ; mais seulement deux ou trois lieux particuliers enfermés dans l'enclos ' de ses murailles. Ainsi la scène de Cinna ne sort point de Rome, et est tantôt Tappartement d'Auguste dans son palais, et tantôt la maison d'Emilie. Le Menteur a les Tuileries et la Place Royale dans Paris ; et la Suite fait voir la prison et le logis de Mélisse dans Lyon. Le Cid multiplie encore davan- ** tage les lieux particuliers, sans quitter Séville (') ". Racine est, je crois, plus strict encore. Iphigénie, par exemple, a pour scène ** la tente d'Agamemnon. " Quelque grande que Ton suppose cette *' tente " royale, il semble qu'on y est un peu à l'étroit. Dans Est/ier, Racine se meut plus au large; mais il s'en excuse comme d'une faute : ** On peut dire que l'unité de lieu est ob- " servée dans cette pièce, en ce que toute l'action se ** passe dans le palais d'Assuérus. Cependant, comme ** on voulait rendre ce divertissement plus agréable à " des enfants en jetant quelque variété dans les déco- '' rations, cela a été cause que je n'ai pas gardé cette ** unité avec la même rigueur que j'ai fait autrefois ** dans mes tragédies ('). "

C'est-à-dire que Racine s'est un peu moins mis à la torture,£'^M^rn'étant qu'un ** divertissement d'enfants". Le poète eût pris d'autres mesures, s'il avait encore travaillé pour le public et pour les doctes. Les doctes étaient parfois ridicules, quand ils traitaient cette question. Je n'en veux pour preuve que l'argumentation de Dacier contre Corneille. Dacier, Aristote en main, condamne les " ménagements" dont use Corneille par rapport à cette unité de lieu. ** Les ménagements... *' que M. Corneille a imaginés sont très vicieux.

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