I. Recueil de Poésies^ de Port- Roy al i6yi, t. I, p
L'ART POÉTIQUK.
* ' L'ode avec plus d'ëclat et non moins d'énergie.
" Élevant jusqu'au ciel son vol ambitieux,
** Entretient dans ses vers commerce avec les dieux.
*' Aux athlètes dans Pise elle ouvre la barrière,
" Chante un vainqueur poudreux au bout de la carrière,
" Mène Achille sanglant aux bords du Si mois,
" Ou fait fléchir l'Escaut sous le Joug de I^uls.
" To Simo's streams does fierce Achilles bring, " And mahs ihc Ganges bow io Britain^s King, "
(Dryden.)
Senecé, dans ses Travaux d'Apollon, parlé à une muse maladroite, avec le langage de Despréaux :
" Lâche ! est-ce donc ainsi qu'aux bords du Simoïs, " Homère, dans ses vers, eût fait vaincre Louis (') ? "
Horace avait défini les sujets chantés par la lyre, c'est-à-dire pafr TOde :
" Musa dédit fidibus divos^ etc.... (').
Vauquelin marquait ainsi les caractères de TOde dite héroïque, de celle qui chante, suivant Horace '' pueros ** deorum : "
" L'Ode, d'un grave pied, plus nombreuse et pressée, " Aux dames et seigneurs par toi soit adressée ; ^' De mots beaux et choisis tu la façonneras, " Et de mil belles fleurs tu la couronneras (3). "
Là-dessus, Vauquelin entonne Téloge du grand
Ronsard, par qui
" Or la lyre cornue " En la France est autant qu'en la Grèce connue."
C^était le grand Ronsard qui avait essayé d'importer en France l'Ode façonnée sur le patron de ses chers Anciens; c'est même à lui que nous devons ce mot, inconnu de notre vieux langage: ** J'osai, dit Ronsard, le premier " des nôtres enrichir ma langue de ce nom d'Ode. "