‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 143 sur 236 · Poétique, Édit. de 1640, p · texte numérisé non relu

Poétique, Édit. de 1640, p

3. V. M. A. Pierron, Litt. Grecq. (Art. Tragédie,) — Quand la Renaissance eut chassé du théâtre les sujets chrétiens pour y substituer *' Hector, Andromaque, Ilion ", et autres fables usées, on n'oublia pas rhtstoire du bouc d'Icarius. On la renouvela en l'honneur de Jodelle, après la représentation de Ctéopâtre, " Jodelle fut regardé comme le *' dieu de la Tragédie ; et parce que nous avions appris qu'en Grèce on " sacrifiait un bouc à ce dieu, on conduisit chez Jodelle un bouc couronné *' de lierre, dont la barbe et les cornes étaient dorées : ceux qui le con- '' duisaient avaient des thyrses, et chantaient un dithyrambe, qui finis- " sait par cette exclamation : Yach, évohé, yach, yaha ". (Louis Racine Traité de laPoés. dram., Chap. vil.)

'' Thespîs fut le premier qui, barbouille de lie, '* Promena par les bourgs cette heureuse folie ; ** Et, d'acteurs mal ornés chargeant un tombereau, *' Amusa les passants d'un spectacle nouveau.

*•' Ignotum iragica genus invenisse Camœnœ " Dicitur^ et plaustris vexisse pœmata Thespis^ '* Quœ canerent agerentque peruncti facibus ora (^),

Horace a induit Boileau en erreur. Cette histoire n'est point celle de Thespis, mais celle de Susarion de M égare, inventeur de la comédie grecque.

Boileau,qui savait le grec,savait que Tragédie vient de Tpayoç et non point de rpuysç. Malgré cela, il exprime Topinion fautive des partisans de Tpùyeç. — ** Plusieurs, '' dit La Mesnardière, ont opiniâtre que le mot de " Tragédie ne venait point de Tpayo^, mais qu'il des- *' cendait de Tpiiye^, qui est \amurca des Latins, et qui ' veut dire en notre langue: Le marc de la vieille " huiley dont les premiers comédiens se barbouillaient •' le visage, avant que le poète Eschyle eût trouvé " l'usage des masques plus honnêtes que ces or- " dures ('). "

L'abbé d'Aubignac admet que le tombereau et les acteurs barbouillés de lie, sont de l'invention de Thespis. Mais selon lui, Thespis ne fit cette mascarade et cette promenade par les bourgs, que pour les premières ébauches du drame satyrique. — Après avoir dit comment la Tragédie (au moins le chœur tragique) existait avant Thespis, d'Aubignac poursuit : ** Quant ** à ce qu'on ajoute de lui,qu'il promenait ses Tragédies ** dans un chariot découvert (ou pour mieux dire dans

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