I. Ép, L. II, I. — 2. M-'Me Sévigné
** mêmes choses qui ont mis autrefois en larmes le ** plus savant peuple de la Grèce, et qui ont fait dire, *• qu'entre les poètes, Euripide était extrêmement tra- " gique, TpayixwraToç, c'est-à-dire qu'il savait merveilleu- " sèment exciter la compassion et la terreur, qui sont *' les véritables effets de " la Tragédie" (').
Racine a réparé l'omission de Boileau. Mais Racine aussi a constaté Tinfériorité et la faiblesse de la Tragédîe latine. Il la fait dans son magnifique éloge de Corneille : " Personnage vraiment né pour la gloire ** de son pays ; comparable, je ne dis pas à tout ce que '* l'ancienne Rome a eu d'excellent trsigique, puùçu e//é " confesse elle-même quen ce genre elle n'a pas été f on " heureuse, mais aux Eschyles, aux Sophocles, au> Euripides (')..."
" Chez nos de vois aïeux le théâtre abhorré
" Fut longtemps dans la France un plaisir ignoré.
Dryden traduit mot pour mot à l'usage d'Albion :
" Our pious fathers, in their priest^d âge. . . "
Boileau n'est pas heureux en histoire, surtout quand il se mêle de nos origines littéraires.
Ses deux vers renferment presque autant d'erreurs que des mots {^). Non, le théâtre ne fut point ignore ni abfiorré chez nos aïeux, loin de là ; et c'est précisément parce qu'ils furent dévots^ qu'ils se plurent longtemps aux instructives, touchantes, naïves, représentations du théâtre.
L'Église avait abhorré et condamné les abominables