La seconde est une Sui/e de la première
2. L'Espagne avait, comme la France, son théâtre chrétien. Ses Au/os Sacramentaies eurent une vogue immense. Le plus célèbre auteur de ces drames populaires fut Calderon, l'un des deux grands tragiques espagnols. Ce contemporain de Corneille et de Boileau ne peut guère être accusé de simplicité ^i de sottise.
de 1 acteur infernal /* Quand Satan, qui avait été chargé " par Lucifer, de tenter J.-C, revient aux enfers, sans ** avoir réussi, Lucifer le fait étriller d'importance par " les autres diables ; le pauvre Satan en demeure ** estropié ; et certainement quand on le voyait boiter ** sur le théâtre, et se traîner avec peine, toute Tassem- *' blée riait de bon cœur(') ". Nos aïeux dévots, c'est-àdire chrétiens, étaient aussi gaulois ; ils aimaient à rire, et pour eux c'était plaisir double de se gausser du triste sire. Ils le faisaient grimacer sous les statues des Saints, vomir par la bouche des gargouilles, étriller sur le théâtre. Vengeance naïve, plaisante, et nullement sotte. La morale de ces Comédies n'offensait ni la foi, ni les
mœurs. — Age d'or !
" X«e savoir, à la fl a dissipant rignorance» " Fit voir de ce projet la dévote imprudence.
Deux causes déterminèrent la suppression des Afystères. L'hérésie protestante avec les querelles dont elle fut l'occasion ; ensuite le libertinage impertinent, frondeur et immoral, du théâtre comique. Le savoir n'eut point de part à cette suppression; à moins que l'on n'entende par là cette passion effrénée du grec et du latin, qui bouleversa les esprits au xvi* siècle, et faillit bouleveiser la langue française.
Le poète Gacon, vers la fin du xvii* siècle, versifiait encore son mépris de convention pour Xignorance du passé, et refaisait de la sorte le passage de Boileau :
On a vu longtemps
" Nos Nîystères en proie aux auteurs ignorants.
" Sous ces deux derniers rois, la France plus polie,
'* De ces vieux histrions (?) reconnut la folie ;
" £t laisant l'Évangile à traiter aux docteurs,
" Chercha d'autres sujets propres à ses lecteurs (») *'.