I. Hist. du Th. Franç.^ p. 29. — 2. Sat,^ p
Boileau, lami d'Arnaud et de Port- Royal, voit une *• imprudence " en ces naïves Tragédies. Libre à lui. Fontenelle n'est pas tout à fai^ de son avis ; Fontenelle, je le veux bien, regarde de haut ces drames familiers et ** les siècles de nos Pères plongés dans une ** épaisse ignorance " ; mais il comprend l'origine, la prudence et presque la nécessité de ce théâtre populaire, chrétien et français : " Ils étaient accoutumés ** à la représentation des choses saintes, jusque dans le ** service divin. On ne célébrait pas seulement les fêtes ** dans la plupart des églises ; on les représentait. Le ** jour des Rois, trois prêtres habillés en rois, conduits ** par une figure d'étoile qui paraissait au haut de '* l'église, allaient à une crèche où ils offraient leurs ** dons. Et le continuateur de Guillaume de Nangis ** rapporte, en l'an 1378, que le Roi observait cette ** même cérémonie : trois chevaliers, ses chambel- ** lans, tenaient hautement trois coupes dorées et ** émaillées ; en l'une était l'or, en Tautre l'encens, et *' en l'autre du mîrrhe, et allèrent tous trois, par *' 1 ordre, comme l'offrande devait être baillée par le ** Roi, et le Roi après, etc. " Tant cet esprit de repré- ** sentation était établi.
'* La plupart des autres fêtes ne manquaient pis " aussi de se rendre visibles. Il y avait, le jour de *' Noël, dans la cathédrale. de Rouen, un de ces spec-. *• tacles, qu'on appelait la Fête des Anes ; car c'est le '* nom qu'un vieux Rituel même manuscrit, lui donne. •* Tous les Prophètes de l'ancienne Loi paraissaient *' dans l'église, chacun habillé d'une manière qui le ** rendît reconnaissable. Balaam était là. monté sur son ** ânesse, à qui il donnait inutilement des coups d'épe- ** ron pour la faire avancer, parce qu'un petit Ange ** l'en empêchait ; et quelqu un qui était caché sous le