L. II
2. Par contre, le même Claveret appelle Corneille " un potiron " !
Racine le fit cent ans plus tard ; et se voyant applaudi du Roi et de ** tout ce qu*il y a de plus grands sei- ** gneurs ", Racine s'aperçut, à sa grande joie, ** quon *• se peut aussi bien divertir aux choses de piété, qu'à " tous les spectacles profanes ('). "
Corneille n'avait pas eu un si beau succès en 1640. L'hôtel de Rambouillet prédit un échec au Polyeucte. Malgré une quinzaine de pièces chrétiennes, essayées vers 1630 et 1640, on ne croyait plus qu'un martyre pût intéresser le public de France. Le ** bagatellier." Voiture, et même Godeau, l'évêque de Vence, furent de cet avis. Corneille crut devoir excuser la hardiesse qu'il avait eue de traiter un sujet chrétien, en alléguant l'exemple de Heinsius, de Grotius et de Buchanan, hommes éruditset nourris des anciens, qui avaient mis sur la scène le martyre des SS. Innocents, la Passion de J.-C. et la mort de S. Jean- Baptiste (').
Boileau n'a point renouvelé l'appel de Vauquelin à la poésie chrétienne. Il ne connaît qu'Œdipe, Oreste, Hector, Andromaque, Achille, Agamemnon , Enée, Caton, Hécube. *Voilà les seuls héros tragiques que Boileau sache, et admire. Au temps, où il composa son Art Poétique, il lui eût fallu de l'audace pour parler de Tragédie chrétienne. La mode en était passée ; et si l'on jouait Polyeucte, les gens du bel air disaient que '* Pauline était la plus honnête femme du monde, mais ** qui n'aimait point son mari. "
En 1 672, Saint-Évremont écrivait d'Angleterre, que l'on ne peut plus introduire " des anges et des saints " sur notre scène ". Il en donne deux grandes raisons: il craint d'exposer les " matières saintes " à la profanation ; et il croit que *' l'esprit de notre religion est " directement opposé à celui de la Tragédie. L'humilité