‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 159 sur 236 · I. Préface d'-4Mrt//V · texte numérisé non relu

I. Préface d'-4Mrt//V

"Bientôt Tamour, fertile en tendres sentiments, " S'empara du théâtre ainsi que des romans.

Par une contradiction évidente, en ramenant sur la scène les héros de Troie, de Thèbes et d'Athènes, on bannit du drame français ce qui en faisait la partie essentielle chez les Grecs: les chœurs ; et Ton y introduisit les intrigues d'amour que les auteurs grecs bannissaient de la Tragédie. On prétendait imiter et rajeunir les anciens et l'on allait contre tous leurs principes et usages. Drames et Romans se mirent de concert à soupirer, les uns en cinq actes, les autres en dix et vingt volumes.

Fénelon déplora, au nom même de l'art, cette invasion des " intrigues postiches " négligées par Sophocle. Il regretta de voir nos tragiques ** entraînés par le " torrent " et cédant ** au goût des pièces romanes- " ques ('). " Il écrivait à La Motte : " Pour les héros ** des romans, ils n'ont rien de naturel ; ils sont faux, *' doucereux et fades ('). " — Boileau se moqua spirituellement de ces ** tendres sentiments" dont les échos du théâtre et les rives du fleuve de Tendre retentirent durant le xvii^ siècle. Pourquoi dans sa Poétique favorise-t-il ce qu'il blâme ailleurs ? — O inconséquence!

Dans son dialogue des Héros de roman, il introduit aux enfers des personnages tragiques et romanesques en vogue, empruntés à M^^^ de Scudéry, à Quinault, à l'Abbé de Pure et à Chapelain. Pluton est fatigué de ces fadeurs. ** Les morts, s'écrie-t-il, n'ont jamais été '* si sots qu'aujourd'hui. Il n'est pas venu ici depuis ** longtemps une ombre qui eût le sens commun ; et *' sans parler des gens de Palais, je ne vois rien de si

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