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" C est un milieu entre l'écart et la marche trop unî- ** forme, etc.. (') " Ce qui revient à dire : le beau désordre est un bel ordre. Mais la définition n'en est pas beaucoup plus avancée. Écoutons La Motte, poète et auteur d*un livre d'Odes. Il explique ce mystère lyrique et veut que le beau désordre naisse de Tenthousiasme, ce que tout le monde lui accorde : ** C est, ** dit-il. de cet enthousiasme que doit naître ce beau " désordre y dont M. Despréaux a fait une des règles de " rOde. J'entends parce beau désordre une suite de '* pensées liées entre elles par un rapport commun à •* la même matière, mais affranchies des liaisons gram- ** matîcales et de ces transitions scrupuleuses qui éner- " vent la poésie lyrique et lui font perdre même toute ** sa grâce. Dans ce sens il faut convenir que le désor- ** dre est un effet de Fart; mais aussi il faut prendre ** garde de donner trop d'étendue à ce terme. On ** autoriserait par là tous les écarts imaginables. Un ** poète n'aurait plus qu a exprimer avec force toutes ** les pensées qui lui viendraient successivement et au ** hasard ('). "
Malgré ces clartés répandues par la Motte, on désirerait un peu plus de lumière. Boileau lui-même a tâché de nous en fournir. Il se chargea d'abord de défendre Pindare attaqué par les champions du génie moderne. Boileau se fit l'apologiste du poète Thébain, dans \^ Discours sur V Ode de Namur(i693). Il y réhabilita le beau désordre du lyrique triomphal, et comme il dit lui-même, ces endroits merveilleux, où Pindare ** afin de mieux entrer dans la raison, sort, s'il " faut ainsi parler, de la raison même, évitant avec " grand soin cet ordre méthodique qui ôterait l'âme