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2. Saint- Évremont parle aussi de la littérature dramatique anglaise. Mais il y était comme forcé par son séjour dans le Royaume-Uni, et par ses relations avec les beaux esprits de Londres.
un certain goût littéraire et une verve tragique. Le P. Rapin semble même se douter qu'il y avait eu un Shakespeare ; ce qui était presque une découverte en ces temps-là. — ** Les Anglais, nos voisins, aiment le ' sang dans leurs jeux, par la qualité de leur tempé-
* rament ; ce sont des insulaires, séparés du reste des
* hommes. Nous sommes plus humains; la galanterie
* est davantage selon nos mœurs ; et nos poètes ont ' cru ne pouvoir plaire sur le théâtre que par des sen-
* timentsdoux et tendres...
"Les Anglais ont plus de génie pour la Tragédie ' que les autres peuples, tant par lesprit de leur na- ' tion, qui se plaît aux choses atroces ('), que par le
* caractère de leur langue qui est propre aux grandes ' expressions. Mais notre nation qui s'est plus appli-
* quée à la Tragédie que les autres y a aussi mieux ' réussi ('). *'
Est-ce à dire que la Tragédie française ait bien observé la règle de la vérité historique et des convenances locales dont nous nous occupons ? Même au xvii*^ siècle, tout le monde ne le croyait pas. Corneille avait eu beau prétendre que ses Romains étaient des Romains,et dire dans V Examen d'Horace: "J'aurais fait ** un crime de théâtre, si j'avais habillé un Romain à la ** française ", Fénelon ne paraît pas complètement convaincu de la couleur romaine du Cinna (^). Mais Racine surtout fut accusé d'avoir trop appris aux Grecs ou aux Turcs les belles manières du Louvre et de Versailles. Corneille le dit tout bas à un ami ; la M>^« de Sévigné l'écrivit ; Barbier d'Aucour le rima.
A propos du dénouement de Bajazet,
1. Le P. Rapin écrivait son livre, quelques années après 1649.