‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 168 sur 236 · I. 7 janv. 1703. — 2. Ch. V, v · texte numérisé non relu

I. 7 janv. 1703. — 2. Ch. V, v

" je me souviens que Clélie a été traduite en quatre '* langues ('), et qu'elle se peut passer de Tapprobation *' d'un homme qui blâme tout le genre humain ("). "

Quelques semaines plus tard,elle envoyait au même correspondant un impromptu fait par un de ses amis, et sa propre réponse à cet impromptu. Voici Tun et l'autre :

'^ Malgré nos solides raisons, " Souffrons que Despréaux vive dans sa folie ;

"Il peut bien attaquer Clèlie^ " Puisqu'il met Alexandre aux Petites Maisons. "

Réponse.

" On peut blâmer avec raison

*^ Votre injuste comparaison :

" Alexandre le Grand fît des tours de folie ; *' Mais jamais la raison n'abandonna Clèlie. "

Boileau ne fut pas le seul à se plaindre de Clélie. Fénelon dit que " le bon homme Eumée " le " touche ** bien plus qu'un héros de Clélie ou de Cléopâtre (^). "

Molière s'était moqué, par la bouche de Madelon Gorgibus, de Cyrus et de Clélie (*).

Et pourtant le grand siècle lisait Clélie ; et Clélie était traduite en arabe ! Et Ménage quasi octogénaire célébrait le Cyrus çl la Clélie d^ cette bonne demoiselle, courant alors vers ses 90 hivers :

** Il y a mille choses dans les Romans de cette ** savante fille, qu'on ne peut trop estimer. Elle a pris " dans les Anciens tout ce qu'il y a de bon, et l'a rendu " meilleur, comme ce Prince de la fable qui chan- ** gea tout en or. On peut lire ses ouvrages avec " beaucoup de profit, pour peu qu'on ait l'esprit bien

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