‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 169 sur 236 · Leit, à PAcad.QhM, — 4. Préc. rid,, Se. iv · texte numérisé non relu

Leit, à PAcad.QhM, — 4. Préc. rid,, Se. iv

** fait et qu'on cherche dans la lecture de quoi s'in- ** struire. Ceux qui en blâment la longueur, font voir ** par ce jugement la petitesse de leur esprit... (')** Voilà qui est catégorique et péremptoire. Segrais, plus que septuagénaire, se plaignait vertement de ce Despréaux qui osait maltraiter la Sapho du grand siècle : ** Pourquoi parler mal de M^^« de Scudéry comme il *• fait ?... (')"

Huet célébrait ** le Grand Cyrus et Clélie ", comme les modèles du genre, comme lapogée des Romans comme ** la gloire de notre nation (^) **.

Tout ce qui restait des anciens beaux-esprits de Thôtel de Rambouillet réclamait contre ces insultes à l'ancien bon goût, et à l'illustre Demoiselle ** aussi fameuse, " pour le moins, que la Pucelle d'Orléans (*) ! ", personne de tout mérite, n'ayant d'autre défaut que de prendre pour conseillère, une ** demoiselle fort pol- *' ironne qui a nom Modestie {^). "

Desmarets défendit aussi Clélie et son auteur : — ** Il (Despréaux) blâme le roman de Clélie et taxe indi- ** gnement celle qui tafaityO^xfait honneurà laFrance ** et à son sexe. Elle n'a rien fait que de raisonnable ** dans ses œuvres, et qui nç. fasse voir à tout moment ** des traits d'un esprit judicieux, tendre et délicat. ** Mais il n'y a bon esprit qu'il ne veuille rabaisser ** espérant s'élever par ce moyen au-dessus de tous (^)."

I. Ménag, 1693, p. 224-5. — 2. Mém, l. c, p. 44. — 3. Dâ Pori^^, dis Rom ., fin.

4. Furetière NiieAllég,^ Le Grand Cyrus était si famcux,qu*un plumassier de Paris le prit pour enseigne et patron de sa boutique. (V. Tall. des R., t. VII.) — Furetière appelait M"* de Scudéry, " Sapho ; '"' illustre Pucelle du Marais, aussi fameuse que celle d'Orléans pour le '^ moins... Son seul défaut était de se servir d'une Demoiselle suivante ** fort poltronne, appelée Modestie^ qui ne lui inspirait que des conseils ** timides ; ce qui l'empêchait souvent de se produire. " \NouveUe alU^, " 1658, p. 43-4.) — 5. Ibid, —6, La défensty etc. (p.86-7.)

La plus intéressante défense de Clélie est certainement celle de Scarron. Scarron, écrivant à ** Sapho, •* de France Tornement '\ se flatte d'être " le Scaurus •* deTillustre Clélié\ Je sais» ajoute-t-il, qu'en publiant cette gloire,

'^ Je m'expose au danger de m'attirer à dos '* La haine des pédants, envieux animaux; "

que m'importe ? Ces critiques, ces

" Insectes rampants du Mont aux deux Coupeaux "

ne ** sont bons qu'à moucher les chandelles " dans la synagogue du bel esprit (').

Clélie trouva même fort bon accueil chez les hommes les plus graves par métier. L'austère solitude de Port- Royal en fut charmée. ** Les solitaires de Port- Royal prirent plaisir de voir leur solitude si bien décrite dans le roman de Clélie ^s\ fort à la mode en ce temps-là, et de s'y voir appeler des hommes admirables. C'est au iii^ volume que l'on dépeint Arnauld d'Andilly de Pomponne, sous le nom de Timante si savant dans l'agriculture et dans la science des espaliers; et la morale de Port- Royal, tout austère qu'elle était, y était débitée d'un air fort délicat et fort poli ; ce qui fut si bien reçu, qu'on porta le roman de cellule en cellule, pour consoler ces ermites, qui furent bien aises d'être produits dans le public, sous de si belles couleurs, dont on se réjouit fort à Port- Royal ('). " Comment donc Boîleau s'en prend- il et avec tant d'acharnement à un livre chéri de ses amis ? C'est que le bon sens l'emportait chez Boileau même sur les affections.

Enfin Perrault vint à la rescousse, pour venger

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