‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 170 sur 236 · MtUnoires du P. Raffin^ Éd. Aubineau, t. II, p · texte numérisé non relu

MtUnoires du P. Raffin^ Éd. Aubineau, t. II, p

Clélie contre Despréaux. Despréaux avait accusé son adversaire et celui des Anciens, de croire ** que la Clélie •* et nos Opéras sont les modèles du genre sublime (').'* Perrault répliqua : ** La Clélie est, en son genre, un des * plus beaux ouvrages que nous ayons, et l'illustre ** personne qui Ta composée est d*un si grand mérite, ** que vous serez éternellement blâmé d'avoir tâché à *' lui nuire par vos plaisanteries ('). "

Disons, à la louange de Boileau, qu'il sut reconnaître le mérite personnel de Sapho. Il avait arrangé son Dialogue ** dans sa tête "; mais pour ne point chagriner *' une fille qui, après tout, avait beaucoup de mérite ", il ** gagna sur lui de ne point écrire "ce joyeux factum, ** et de ne point le laisser voir sur le papier. " *' Mais aujourd'hui, dit-il (Boileau avait alors 74 ans), ** qu'enfin la mort \ frayée du nombre des humains, elle ** et tous les autres compositeurs de romans, je crois * qu'on ne trouvera pas mauvais que je donneau public ** mon dialogue, tel que je l'ai retrouvé dans ma mé- ** moire ('). "

C'est un trait d'exquise délicatesse à l'actif de Boileau, d'avoir épargné ce chagrin à Sapho,

Il n'est pas hors de propos de rappeler ici, pour finir, un dés vrais mérites de Clélie et de son auteur. M^*® de Scudéry et sa Clélie ont enrichi notre langue. On leur concédait, même au temps de Boileau, cette gloire très grande. •* Il y a (c'est Charle's Sorel qui *' parle) quantité de mots dans le Cyrus et dans ** la Clélie, qui, selon l'opinion des plus grands liseurs, ** n'avaient point encore été vus dans des livres impri- *' mes... Les mots dattacliement, d engagement, dem- *' pressement, d'emfiorlem^ni, d accablement, de personne

I. Disc, sur VOde, — 2. Lettre en réponse^ etc. Éd. St. Marc, t. II, p. 322. — 3. Disc, sur le dialogue des héros de roman.

' accaèlanle, de prétexter, de précautionner, d'insulter, ' de donner un certain tour aux choses, et d'avoir ■ /"esprit bien tourné, se trouvent dans tous ces ouvra- ' ges-là, avec plusieurs autres mots qui en dépendent, ' dont l'on peut attribuer l'invention ou l'arrangement ' à la personne qui y a mis la main ; et si on lui en ' dispute l'honneur, qu'on nous montre quelque livre ' fait auparavant les siens, où ces mots se rencon- ' trent ('). "

Caton surnommé le Censeur. II ne faut que lire le discours qu'il fît pour maintenir la loi Appta contre la parure des dames, pour voir qu'il n'était rien moins que galant. — Brutus." C'est Junius Brutus, qui chassa " les Tarquins de Rome. Tous les historiens le dépei- " gnent comme un homme qui avait les mœurs austères " de nature, et non adoucies par la raison, suivant le " langage d'Amyot. Jusque-là qu'il fit mourir ses " propres enfants. " (Brossette.)

D'après le Roman de Clélie, qui faisait le portrait de tous " les bourgeois du quartier", l'expulseur des tyrans de Rome n'avait pas son pareil " en Grèce ni en *' Afrique ". en fait d'agréables manières. Brutus " était " doux, civil, complaisant, agréable; il avait l'esprit " galant, adroit, délicat, et admirablement bien " tourné (').

Pour venger le bon sens et l'histoire. Despréaux en son Dialogue des héros de roman, représenta ce grand benêt borgne, Horatius Coclès, chantant à tue-tête aux échos du Styx le refrain :

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