‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 177 sur 236 · Préface du Afoîse sauvé ^ éd. de 1660, p · texte numérisé non relu

Préface du Afoîse sauvé ^ éd. de 1660, p

l'art poAtiqub — II.

** pathétique, ou simplement agréable; qu elle se fasse ** entre des rois, ou entre des personnes moins distin- ** guées ; qu'on y prodigue le merveilleux, ou qu on s'y " contente des causes naturelles ; ces différences feront " bien de nouvelles espèces, mais elles ne changeront *' pas le genre. La Pharsaleti le Lutrin sont aussi ** bien des poèmes épiques ç^ç^X Iliade ('). '*

En d'autres termes, La Motte ne voit et ne met point de différences entrel'HistoireJeRoman.le Poème héroï-comique et l'Épopée, entre le chantre d'Achille et celui de Boirude !

Avant La Motte, et au même temps que Boîleau, le P. Le Bossu exposait, en son livre très docte et très ennuyeux, une théorie déjà ancienne du poème épique : savoir, que l'Épopée n'est pas ce que tout le monde pense, le récit d'un grand fait de l'histoire réelle ou imaginée, récit destiné à chanter les hauts faits d'un grand homme ou d'un grand peuple et à charmer les gens de lettres. ** L'Épopée est un discours inventé ** avec art, pour former les mœurs, par des instructions ** déguisées sous les allég-ories d'une action importante, ** qui est racontée en vers, d'une manière vraisemblable, ** divertissante et merveilleuse... L'Épopée n'est ni une ** histoire, ni une espèce d'histoire (').*' Ce qui revient à peu près à ceci : V! Iliade est une bonne leçon de morale, et Homère un professeur de philosophie; ce qui est fort ridicule : mais le P. Le Bossu n'était pas seul de son avis. Le P. Le Bossu développe tout au long les principes des allégorisants. Les héros des poèmes épiques ne sont point des personnages réels, mais des allégories. Les divinités représentent des vertus oud'autrescauses morales. Vénus et Junon qui se déclarent pour

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