‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 180 sur 236 · I . La déf, etc., p · texte numérisé non relu

I . La déf, etc., p

** calmant les mers d'un seul mot, conduisant ses moi- " tes chevaux sur les plaines humides, précédé des ** Tritons et des Sirènes et recevant de toutes parts le ** tribut des fleuves ; — à peindre la riante Flore ; — " à descendre enfin sur les rives du Styx formidable *' aux dieux mêmes, où les Parques inflexibles filent et *' tranchent sans égard les jours des humains ? '^ etc. (0 "

Quel dommage que ces idées belles et justes aient été alors celles des versificateurs de troisième ordre!

" Orne, ëlève, embellit, agrandit toutes choses,

" £t trouve sous sa main des Heurs toujours ëcloses.

Oui, toujours écloses depuis deux et trois mille ans. Il n'y a, pour cueillir ces fleurs, qu à feuilleter Ovide, ou Virgile, ou les dictionnaires.

'* Il est vrai, dit Desmare ts, quun poète stérile d'in- " vention trouve sous sa main ces fleurs toujours " écloses ; car il n'a qu'à lire les Métamorphoses et " quelques poètes païens, qui, au défaut de sa séche- ** resse, lui fournissent toutes ces divinités, sans qu'il ait " le talent d'inventer ; parce que ce sont choses déjà *' inventées ('). "

Néanmoins, pour ne rien outrer, avouons que des hommes d'esprit, dans des sujets plaisants, badins, burlesques, ont fait éclore quelques petites fleurs de ces vieilleries; non certes pour ** élever, embellir, agran ** dir " leur sujet, mais pour faire sourire d'autres lettrés (3).

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