Traité du Poème. Ef,, p
CHANT m.
** poètes, qui ont le style poétique (?), que, sans mêler " les faux dieux dans leurs ouvrages, ils ne sont que ** des orateurs timides ^t à^ froids historiens ? Nul ne " leur avait encore reproché ni la timidité, ni la froi- " deur. Ils ont assez fait paraître leur hardiesse dans ** leurs inventions et leur force dans leur style ('). "
Oui, assez ; et trop.
L'auteur du Clovis est plus heureux, quand il argumente ad hominem contre Despréaux, et contre son épique traversée du Rhin. C'est ce qu'il avait déjà fait en s'adressant au vainqueur très réel des divinités aquatiques de Tholuis et du mont Adule:
"... Quand du dieu du Rhin l'on feint la fière image,
" S*opposant en fureur à ton fameux passage,
" On ternit par le faux la pure vérité
" DeTeffort qui dompta ce grand fleuve indompté.
" Forcer les éléments par un cœur héroïque
" Est bien plus que lutter contre un dieu chimérique.
" A ta haute valeur c'est être injurieux,
" Que de mêler la fable à tes faits glorieux.
" Recourir à la feinte offense ta victoire,
" Et c'est moins dire en vers que ne dira l'histoire. "
Les quatre vers de Boileau ressemblent fort à quatre vers de Corneille, dans une traduction, dont nous allons parler prochainement :
" Qu'on fait injure à l'art de lui voler la fable 1 " C'est interdire aux vers ce qu'ils ont d'agréable, " Anéantir leur pompe, éteindre leur vigueur^ " Et hasarder la muse à sécher de langueur, "
Tout le monde n était pas convaincu de la nécessité ni de l'agrément des " ornements " poétiques, renouvelés des Métamorphoses. Sans doute les jardins, les édifices, les toiles, les estampes et nombre de petites élucubrations rimées, donnèrent asile aux déités de