I. Le Tassej ch. XIII. — 2. Lettre à}X2'j mai, 16S
dans les environs, près d'une onde pure, le dieu de
cette onde se montre à eux affublé d'un accoutrement
champêtre :
^' Son habit de couleur verdâtre '^ Était d'un tissu de roseaux, " Le tout couvert de gros morceaux " D'un cristal épais et bleuâtre... etc."
Ce dieu-là ne ressemble guère au Rhin de Boileau, et il produit un tout autre effet. L'erreur de Boileau fut de vouloir loger ses dieux dans des œuvres sérieuses. Il fit du burlesque, sans en avoir Tintention.
" C'est donc bien vainement, que nos auteurs déçus, *' Bannissant de leurs vers ces ornements reçus, " Pensent faire agir Dieu, ses Saints et ses Prophètes, " Comme ces dieux éclos du cerveau des poètes.
Nous voici au point capital de la théorie de Boileau sur le merveilleux, ou plutôt contre le merveilleux chré-tien.
** Et qui sont, s'écrie Desmarets, ces auteurs déçus ? ** ou ceux qui ont recours aux Fables païennes, ou *' ceux qui rejettent ces dieux éclos du cerveau des poè- " tes ? " (') Desmarets sait bien qu'il s'agit de lui dans cette tirade célèbre. Boileau d'ailleurs et Brossette se chargent de nous l'apprendre. — " L'auteur, dit Boi- " leau, avait en vue Saînt-Sorlin Desmarets, qui a écrit " contre la Fable. " — '* Ce qui suit, dit Brossette (au " vers 193), regarde M. Desmarets de Saint-Sorlîn, " auteur du poème de Clovis, dans lequel il fait pro- '* duire tout le merveilleux, par l'intervention des " démons, des anges et de Dieu même ; au lieu d'y '* employer le ministère des divinités fabuleuses, ou ** allégoriques, suivant l'exemple des anciens. Ce poète